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États-Unis : trois sénateurs veulent faire classer le Front Polisario comme organisation terroriste

Aux États-Unis, trois sénateurs républicains ont présenté au Congrès un texte visant à inscrire le Front Polisario sur la liste des organisations terroristes. L’initiative met en lumière des allégations de liens entre le mouvement sahraoui et l’Iran, et suscite des réactions jusqu’en Algérie, principal soutien politique du Polisario.

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Sahara occidental: des sénateurs américains veulent faire classer le Polisario comme «organisation terroriste»
<span>Le sénateur du Texas, Ted Cruz.</span> <span>AP - Greg Nash</span>
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Les auteurs de la proposition sont les sénateurs Ted Cruz, Tom Cotton et Rick Scott. Dans leur communication, ils affirment que Téhéran chercherait à instrumentaliser le Polisario afin d’étendre son influence en Afrique de l’Ouest, évoquant une transformation du mouvement sahraoui en une force comparable aux Houthis.

Les élus reprochent à l’Iran d’essayer d’exploiter le Front Polisario pour porter atteinte à la sécurité des États-Unis et de leurs partenaires. Ils estiment que la montée de ce type d’alliances impose de revoir le statut du Polisario au regard des menaces régionales.

Pour les signataires, la qualification du mouvement comme acteur soutenant ouvertement l’Iran justifierait une rupture des canaux de négociation habituels avec ce groupe. Ils souhaitent ainsi fermer la porte à tout dialogue bilatéral avec des entités considérées comme des relais d’un État étranger hostile.

Compétence administrative et suites possibles

Sur le plan juridique, la modification du statut ne relève pas directement du Congrès. Aux États-Unis, c’est au secrétaire d’État qu’il appartient d’évaluer et, le cas échéant, de formaliser la désignation d’une organisation comme terroriste, après examen des éléments montrant une coopération avec des acteurs étrangers.

Parallèlement, des rencontres diplomatiques impliquant le Maroc, le Polisario, l’Algérie et la Mauritanie se sont tenues récemment à Washington puis à Madrid, où la pression américaine pour parvenir rapidement à un accord sur le Sahara occidental a été manifeste.

Le pouvoir algérien n’a pas publié de réaction officielle aux États-Unis à la démarche des sénateurs. En revanche, l’ancien ministre et diplomate Abdelaziz Rahabi a relayé sur X son rejet de cette approche, estimant qu’elle cherche à dépouiller le dossier sahraoui de sa dimension strictement diplomatique et à présenter le Polisario comme une menace régionale, ce qui, selon lui, risquerait d’associer l’Algérie au statut de pays « soutenant le terrorisme ».

Le Sahara occidental demeure, selon l’Organisation des Nations unies, un territoire dont le statut n’est pas réglé. Le conflit oppose depuis plusieurs décennies le Maroc au Front Polisario, soutenu politiquement par Alger, et les tensions autour de ce dossier héritées d’un demi-siècle perdurent.

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