De Beers : au coeur de la crise du diamant, sa valeur ramenée à 2,3 milliards de dollars
De Beers a annoncé des résultats 2025 marqués par une lourde perte, et sa maison mère Anglo American a révisé à la baisse la valeur comptable de la société : le groupe vaut désormais environ 2,3 milliards de dollars.

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Les comptes montrent une détérioration nette par rapport à 2024 : De Beers a encaissé une perte de 511 millions de dollars, contre 25 millions l’année précédente — soit une moyenne proche de 1,5 million de dollars perdus chaque jour. Cette mauvaise performance entraîne la troisième dépréciation successive de l’actif.
La réduction significative de la valeur de marché de De Beers pourrait attirer des acquéreurs en quête d’aubaine : des offres en dessous des deux milliards de dollars deviennent envisageables. Selon Duncan Wanblad, plusieurs acteurs considérés comme « très crédibles » ont déjà engagé des négociations avancées, parmi lesquels le Botswana, l’Angola et la Namibie.
La mise en vente de l’entreprise par Anglo American s’inscrit dans ce contexte financier difficile : la maison mère espère conclure une cession avant la fin de l’année en cours, afin de sortir d’une situation qui pèse sur ses comptes.
Pressions durables sur le marché et impact des nouveaux producteurs
Le recul de De Beers s’explique par une faiblesse du marché né en 2023 qui persiste et qui affecte l’ensemble du secteur minier. Des professionnels rapportent que, aux niveaux de prix actuels, de nombreux projets d’investissement n’ont plus de rentabilité assurée. La principale mine du Botswana, Jwaneng, illustre ce problème : son extension souterraine nécessiterait des investissements estimés entre 8 et 10 milliards de dollars.
Les résultats de De Beers reflètent aussi une baisse des prix moyens : la maison mère évoque une contraction de l’indice des prix d’environ 12 % en 2025, alors que l’offre de diamants bruts dépasse désormais la demande. Si le segment haut de gamme et le marché américain restent des relais de croissance, la concurrence des gemmes synthétiques pèse fortement — les bagues en diamants artificiels représenteraient près de 60 % des ventes aux États-Unis.
Par ailleurs, l’instauration en 2025 de droits de douane américains sur certaines importations en provenance d’Inde a ajouté une contrainte supplémentaire : l’Inde réalise la taille d’environ 90 % des diamants bruts, et ces mesures ont perturbé les chaînes d’approvisionnement et les coûts de transformation.
L’Angola, troisième producteur mondial, joue un rôle déterminant dans la dynamique actuelle. Après un exercice record à 14 millions de carats, le pays vise plus de 17 millions de carats l’année prochaine, se rapprochant du niveau de production de De Beers qui atteignait environ 21 millions de carats en 2025. Les gisements à ciel ouvert angolais demandent des dépenses d’investissement moindres que les chantiers souterrains, ce qui permet à Luanda de produire à des coûts réduits et de proposer des prix très bas sur le marché.
Ces prix compétitifs angolais ont contribué à instaurer une tendance baissière sur le marché mondial et ont, indirectement, pesé sur la valorisation de De Beers — une situation qui pourrait, paradoxalement, profiter à l’Angola si celui-ci décide de se porter acquéreur du groupe.

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