Coup d’État manqué en RDC : le FBI à Kinshasa pour préparer le procès américain des accusés

Près de deux ans après la tentative de coup d’État avortée contre le pouvoir du président Félix Tshisekedi, le dossier connaît un nouveau tournant judiciaire. Début février 2026, deux agents spéciaux du Federal Bureau of Investigation (FBI) sont arrivés à Kinshasa pour mener des investigations complémentaires, dans le cadre du procès fédéral prévu aux États-Unis en mars prochain. Cette démarche s’inscrit dans une coopération judiciaire renforcée entre la République démocratique du Congo (RDC) et les États-Unis.

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Coup d'État manqué en RDC: deux agents du FBI à Kinshasa avant le procès aux États-Unis
Coup d'État manqué en RDC: deux agents du FBI à Kinshasa avant le procès aux États-Unis
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SOMMAIRE

En mai 2024, un groupe armé mené par Christian Malanga, opposant politique congolais naturalisé américain, avait lancé une attaque contre le palais de la Nation, siège de la présidence congolaise. L’opération, rapidement neutralisée par les forces de sécurité, s’est soldée par la mort de Malanga sur place et l’arrestation de plusieurs de ses complices, dont des ressortissants américains.

Parmi eux figurait Marcel Malanga, fils du chef du commando, ainsi que Tyler Thompson, Benjamin Zalman-Polun et Joseph Peter. Jugés à Kinshasa, les prévenus avaient initialement été condamnés à mort, avant que leurs peines ne soient commuées en réclusion à perpétuité, puis qu’ils soient extradés vers les États-Unis en avril 2025.

Le FBI en mission à Kinshasa

Selon des sources judiciaires concordantes, deux agents spéciaux du FBI, arrivés depuis Nairobi, séjournent à Kinshasa depuis début février 2026. Leur mission consiste à compléter le dossier d’instruction en vue du procès américain prévu devant un tribunal fédéral de l’Utah, État où Christian Malanga avait longtemps vécu.

Les enquêteurs américains auditionnent plusieurs acteurs clés du dossier congolais, notamment des magistrats, enquêteurs et avocats ayant pris part aux procédures locales. Les échanges portent sur le déroulement des procès en RDC, la qualification des faits, ainsi que l’évaluation des dommages matériels et humains causés par l’attaque armée.

Aux États-Unis, les accusés font face à des charges particulièrement graves, parmi lesquelles figurent le complot terroriste, l’usage d’armes de destruction massive, ainsi que des attaques contre des installations gouvernementales étrangères. Le FBI mène depuis plusieurs années une enquête approfondie sur les réseaux de recrutement, de financement et d’armement du groupe, dont une grande partie des préparatifs aurait eu lieu sur le sol américain.

Cette approche permet à la justice américaine de juger les faits sous l’angle du terrorisme international, indépendamment des décisions rendues par les juridictions congolaises.

Qui était Christian Malanga ?

Né le 2 janvier 1983 à Kinshasa, dans la commune de Ngaba, Christian Malanga était un ancien militaire, homme d’affaires et opposant politique radical au régime en place. En 1998, encore adolescent, il quitte la RDC pour les États-Unis, où il obtient l’asile politique et s’installe à Salt Lake City, dans l’Utah.

De retour au pays en 2006, il intègre les Forces armées de la RDC (FARDC), où il sert jusqu’en 2010, atteignant le grade de capitaine. Il quitte ensuite l’armée, dénonçant la corruption au sein de l’institution, et se lance dans les affaires, notamment dans les secteurs des travaux publics et des mines.

Engagé politiquement, il se présente sans succès aux élections législatives de 2011. Après un nouvel exil aux États-Unis en 2012, il fonde le Parti congolais uni (UCP) et proclame en 2017 un gouvernement en exil basé à Bruxelles. Très actif sur les réseaux sociaux, il multiplie les prises de position virulentes contre les présidents Joseph Kabila puis Félix Tshisekedi, préparant, selon les enquêteurs, son projet de renversement du pouvoir pendant plus d’une décennie.

Une coopération judiciaire renforcée

La présence du FBI à Kinshasa illustre le niveau élevé de coopération judiciaire entre la RDC et les États-Unis dans ce dossier sensible. Malgré la confirmation en appel, en janvier 2026, de certaines peines lourdes prononcées localement, les autorités congolaises ont accepté de collaborer avec la justice américaine, notamment après l’extradition des prévenus.

Le procès prévu en mars 2026 aux États-Unis pourrait ainsi lever davantage le voile sur les motivations réelles, les soutiens logistiques et les ramifications internationales de cette tentative de coup d’État, l’une des plus spectaculaires que la RDC ait connues depuis plusieurs années.

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