Côte d’Ivoire : la campagne intermédiaire de cacao pourrait débuter un mois plus tôt
Côte d’Ivoire prépare une modification majeure de sa politique cacaoyère: la campagne intermédiaire, habituellement lancée en avril, serait avancée au 1er mars 2026 et le prix payé aux producteurs pourrait chuter à 800-1 000 FCFA le kilo, selon des sources proches du régulateur citées par Reuters. Cette décision vise à répondre à une crise de surstocks provoquée par la forte baisse des cours internationaux du cacao.

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Concrètement, les fèves récoltées dès le mois de mars ne seraient plus rémunérées au tarif de la grande récolte (2 800 FCFA/kg) mais au barème de la mi‑récolte, évalué entre 800 et 1 000 FCFA par kilo (soit environ 1,45 à 1,81 dollar). Ce réajustement représenterait une baisse de plus de 60 % du prix au producteur par rapport au niveau actuellement garanti.
La décision intervient alors que les cours mondiaux ont reculé fortement après un pic autour de 12 000 dollars la tonne en 2024. Face à l’inadéquation entre le prix intérieur garanti et le prix de marché, des sacs de fèves invendus se sont accumulés dans les entrepôts et aux terminaux portuaires ivoiriens, mettant sous pression la filière.
Mesures financières et conséquences immédiates pour la filière
Pour maintenir le prix garanti, l’État ivoirien finance actuellement un écart de 1 900 à 2 200 FCFA par kilo sous forme de subvention, somme qualifiée d’insoutenable par des responsables gouvernementaux cités par Reuters. Fin janvier, le Conseil du café‑cacao (CCC), régulateur de la filière, s’est engagé à racheter 100 000 tonnes de cacao invendu pour fournir des liquidités aux producteurs dont les ventes sont en attente; ce plan représente un coût estimé à environ 500 millions de dollars.
La révision tarifaire annoncée s’inscrit par ailleurs dans une dynamique régionale: le Ghana, deuxième producteur mondial, a récemment abaissé le prix payé aux planteurs et proposé un nouveau schéma de financement pour la filière. Le comité interministériel chargé des matières premières en Côte d’Ivoire a validé des ajustements similaires et doit formaliser la décision.
Les autorités justifient la mesure par la nécessité de restaurer la compétitivité du cacao ivoirien sur les marchés internationaux et de faciliter l’évacuation des stocks. Le calendrier précisé pour la campagne intermédiaire indique une ouverture le 1er mars 2026 et une clôture fin août, soit une durée réduite d’un mois par rapport à l’habitude.
Sur le plan social et économique, la filière rassemble des centaines de milliers de petits exploitants qui tirent l’essentiel de leurs revenus de la culture du cacao. Le dispositif de soutien budgétaire et l’opération d’achat de stocks visent à apporter des liquidités immédiates aux producteurs en attente de paiement.
Le comité interministériel doit officialiser ces changements à la fin du mois

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