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Côte d’Ivoire : Affi N’Guessan charge Ouattara sur les inondations meurtrières d’Abidjan

Pascal Affi N’Guessan accuse le gouvernement ivoirien d’avoir échoué à traiter les causes profondes des inondations récurrentes à Abidjan. Pour l’ancien Premier ministre, les investissements visibles dans les ponts et grands ouvrages ont pris le dessus sur l’entretien des caniveaux, la gestion des déchets et les infrastructures d’évacuation des eaux pluviales.

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le président du Front populaire ivoirien (FPI), Pascal Affi N'Guessan
le président du Front populaire ivoirien (FPI), Pascal Affi N'Guessan PH: DR
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L’ex-Premier ministre Pascal Affi N’Guessan a mis en cause jeudi 4 juin, lors d’une conférence de presse, la gestion du gouvernement ivoirien face aux inondations qui frappent annuellement Abidjan, estimant que le régime d’Alassane Ouattara avait échoué à traiter les causes structurelles du problème malgré quinze ans au pouvoir. Le président du Front populaire ivoirien (FPI) et chef de la coalition Cap-CI a appuyé ses déclarations sur une citation ancienne d’Ouattara qui, dans l’opposition, dénonçait lui-même une mauvaise gestion de l’État face aux inondations.

« On investit des milliards dans des ponts parce que ceux-ci sont visibles et que les visiteurs peuvent aller en parler en disant : « Ouattara est un bon bâtisseur ». Mais les caniveaux qui permettent d’évacuer l’eau de ruissellement, qui permettent de bloquer l’eau pour que les Ivoiriens ne meurent pas dans les inondations, on ne s’en occupe pas », a déclaré Affi N’Guessan. « Cela fait 15 ans qu’ils sont au pouvoir, mais les gens continuent de mourir dans les inondations. Ça, c’est le signe de l’échec, et ce problème va se poser encore l’année prochaine. »

Les inondations constituent un problème récurrent à Abidjan, qui concentre plus de cinq millions d’habitants dans un tissu urbain densément peuplé traversé de zones humides. En juin 2024, les pluies avaient officiellement causé 24 morts et plus de 16 000 sinistrés selon l’Office national de la protection civile (ONPC). La saison des pluies 2026, qui débute en mai, a déjà provoqué des interventions des sapeurs-pompiers dans les communes de Koumassi, Bingerville et Yopougon dans la nuit du 19 au 20 mai.

Une mise en cause institutionnelle ciblant l’ANAGED

Affi N’Guessan a centré une partie de ses critiques sur la restructuration de la gestion des déchets solides et son impact sur l’évacuation des eaux pluviales. Selon lui, la dissolution de l’Agence nationale de la salubrité urbaine (ANASUR) et sa fusion dans l’Agence nationale de gestion des déchets (ANAGED) auraient été décidées pour attribuer un poste à Sarrahn Teinin Ouattara, qu’il présente comme une parente du président. Il a ajouté que les mairies avaient dans le même mouvement été dessaisies de leurs attributions de collecte des ordures, et que les canaux d’évacuation étaient obstrués faute d’entretien.

« Depuis qu’ils sont là, ils ont dessaisi les mairies de leurs attributions de ramassage des ordures. Les maires n’ont plus le droit de ramasser les ordures. On ne leur envoie plus l’argent pour ramasser les ordures. Pourquoi ? Parce qu’il faut qu’une parente du président Alassane Ouattara ait un poste juteux », a-t-il affirmé. Le gouvernement n’a pas répondu publiquement à ces déclarations à la date de publication de ce papier.

Un opposant dont l’espace d’expression reste contraint

Pascal Affi N’Guessan, 71 ans, est l’un des rares responsables de l’opposition à s’exprimer publiquement en Côte d’Ivoire. Ancien Premier ministre de Laurent Gbagbo (2000-2003), il a présidé le FPI avant de mener une scission et de fonder la coalition Cap-CI. Proche de Gbagbo, il a été assigné à résidence et a vu son domicile bloqué à plusieurs reprises par des partisans du pouvoir dans les années précédentes, selon les sources disponibles.

La question des inondations dépasse le clivage entre majorité et opposition. Depuis 2020, un Programme d’assainissement et de résilience urbaine (PARU) doté de 315 millions de dollars, financé par la Banque mondiale, est en cours d’exécution à Abidjan et dans plusieurs villes ivoiriennes pour la construction et la réhabilitation de réseaux de drainage. Sa durée initiale court jusqu’en octobre 2026. Chaque année depuis 2014, la saison des pluies a causé entre 15 et 30 décès à Abidjan selon les bilans officiels de l’ONPC.

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