Congo : Le FMI alerte sur un risque d’effondrement du système bancaire face à l’appétit du Trésor public
Le Fonds monétaire international (FMI) tire la sonnette d’alarme sur la relation croissante entre l’État congolais et les banques locales, estimant que l’exposition accrue des établissements financiers aux titres publics fait peser un risque systémique sur le système bancaire national. Dans un contexte de tensions de liquidité sur les marchés régionaux et d’un affaiblissement de la discipline budgétaire en 2025, le FMI signale que la concentration des avoirs souverains dans les bilans bancaires fragilise la capacité de remboursement du Trésor et met en péril l’épargne des ménages.

SOMMAIRE
Les administrateurs du Fonds soulignent « l’importance d’une surveillance accrue des banques et de l’application des normes prudentielles compte tenu de l’augmentation des expositions souveraines ». Selon le rapport, les établissements locaux sont massivement engagés sur la dette publique, en partie parce que les besoins de refinancement de l’État se sont intensifiés et que les marchés du crédit régionaux se resserrent, limitant les alternatives pour placer les liquidités.
Cette dynamique a pour effet d’absorber des ressources qui auraient pu être orientées vers le financement du secteur privé. Les banques, contraintes ou incitées à soutenir le Trésor, réduisent leur capacité à accorder des crédits aux entreprises et aux particuliers, amplifiant la contraction du crédit de l’économie réelle et accentuant la dépendance du système financier aux risques souverains.
Mesures et scénarios de vulnérabilité identifiés par le FMI
Le FMI attire l’attention sur plusieurs canaux par lesquels le « lien souverain-banque élevé » peut se traduire en crise : une perte de confiance entraînant des sorties de dépôts, une dégradation de la qualité des actifs bancaires si l’État rencontrait des difficultés à honorer sa dette, et des tensions de liquidité susceptibles de provoquer des faillites d’institutions fragiles. Les tensions sur les marchés régionaux accroissent la probabilité d’un recul de l’appétit des investisseurs pour les titres du Trésor congolais, ce qui rendrait le refinancement plus coûteux et plus difficile.
Pour limiter ces risques, le Fonds recommande que le pays diversifie ses sources de financement et privilégie le recours aux financements concessionnels lorsque c’est possible. Il insiste également sur la nécessité d’un assainissement des finances publiques afin d’alléger la pression sur les bilans bancaires et de réduire la concentration des expositions souveraines dans le secteur bancaire.
Sur le plan prudentiel, les autorités de surveillance doivent renforcer les contrôles et s’assurer du respect des normes de fonds propres, de liquidité et de gestion des risques liés aux expositions souveraines. Une surveillance renforcée permettrait d’identifier plus tôt les établissements vulnérables et de mettre en place des mesures correctrices pour préserver la stabilité financière.
Le rapport rappelle enfin que si les banques régionales se montrent moins disposées à acheter des titres du Trésor congolais, la capacité de remboursement du pays pourrait être remise en cause, aggravant les tensions sur les marchés financiers et augmentant les coûts de financement à court et moyen terme



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