Congo-Brazzaville : malgré des avancées, les agriculteurs dénoncent le manque de soutien de l’État

Sur la plaine de Bambou Mingali, agriculteurs, pêcheurs et éleveurs ont disposé leurs productions lors d’une foire consacrée au retour à la terre. L’événement a été présenté comme un signe de diversification économique dans un pays encore largement tributaire du pétrole, tandis que des producteurs ont exprimé leur mécontentement face au manque d’appui public.

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Congo-Brazzaville: malgré des avancées, les agriculteurs se sentent abandonnés - Afrique économie
<span>Igname de Gamboma exposée à la foire de Bambou Mingali le 5 février 2026.</span> <span>© Loïcia Martial / RFI</span>
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Des étals d’ignames, poivrons, concombres, ciboules, pastèques, poissons fumés et bovins se succédaient sous des hangars installés sur un parc d’exposition et de vente s’étendant sur 10 000 hectares. Les pavillons représenteraient les quinze départements du Congo, reflétant l’activité du monde rural.

Le chef de l’État, Denis Sassou-Nguesso, était présent pour dévoiler sa candidature à la prochaine élection présidentielle et a mis en avant la relance du secteur agricole, thème qu’il soutient depuis cinq ans. Il a salué l’effort des exploitants et annoncé son intention de renforcer l’accompagnement des acteurs agricoles, estimant que les effets des politiques sont désormais visibles à travers le pays et se disant ému par cette mobilisation.

Des exploitants réclament un soutien effectif

Cependant, certains exposants ont fait part d’une tout autre perception sur le terrain. Jean-Bosco, responsable d’une coopérative de développement agricole basée dans le département du Congo-Oubangui, au nord du pays, affirme se sentir abandonné par l’État. Il indique que, malgré près d’une décennie de travail, ses membres n’ont pas bénéficié d’une assistance publique et ne constatent pas de présence étatique concrète, malgré la détention d’agréments provisoires et de documents administratifs permettant d’exercer.

Des initiatives locales montrent néanmoins des progrès. Le groupement coopératif « La terre, notre remède », auquel appartient Bertrand Gamin Okana, a transformé la culture de l’igname de Gamboma, qui était autrefois saisonnière, en une production menée sur l’ensemble de l’année. Selon ce dernier, la pratique a permis de dépasser l’idée que l’igname ne pouvait être cultivée qu’une ou deux saisons ; la culture a été étendue à l’année et a donné des résultats, sans recours à des engrais spécifiques, grâce à la fertilité des sols et à des conditions climatiques favorables.

Par ailleurs, le Congo expérimente depuis cinq ans une politique de zones agricoles spéciales. Le pays demeure toutefois fortement dépendant des denrées importées, qui représenteraient près de 700 milliards de FCFA par an, soit plus d’un million d’euros.

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