Comores : décès à 36 ans de l’ex-présentatrice vedette Binti Mhadjou en Égypte

Le paysage médiatique des Comores a perdu l’une de ses figures les plus en vue. Binti Mhadjou, ancienne voix du journal télévisé de l’Office de radio et télévision des Comores (ORTC) et conseillère politique au ministère des Affaires étrangères, est décédée mardi 24 février en Égypte, où elle avait été hospitalisée pour des soins. Elle avait 36 ans.

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Comores: vive émotion après le décès de l'ex-présentatrice vedette Binti Mhadjou
<span>Binti Mhadjou, journaliste à l'ORTC.</span> <span>© ORTC (capture d'écran)</span>
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Formée au Sénégal, elle a intégré l’ORTC en 2015 et s’est imposée rapidement : de présentatrice du journal à directrice de l’information, puis rédactrice en chef, devenant l’une des plus jeunes responsables éditoriales de la télévision publique comorienne.

Sa carrière a été marquée par des tensions liées à l’indépendance rédactionnelle. En 2020, une suspension dont s’est fait l’écho Reporters sans frontières a mis en lumière les pressions pesant sur les équipes de la chaîne. Binti Mhadjou défendait un traitement pluraliste de l’actualité, choix professionnel qui lui a valu oppositions et sanctions.

En 2024, elle a rejoint le ministère des Affaires étrangères comme attachée de presse, puis a été nommée conseillère politique. Le ministère a salué sa rigueur et son sens du service public. Des hommages sont parvenus du gouvernement, de l’opposition, des médias, de la société civile et des agences onusiennes présentes aux Comores. Les obsèques sont prévues le samedi 28 février à Herumbili, son village natal.

Une professionnelle reconnue et un modèle pour les jeunes

Plusieurs collègues et responsables ont insisté sur l’exigence professionnelle qui la caractérisait. Faïza Soulé Youssouf a rappelé que de nombreuses jeunes femmes considéraient Binti Mhadjou comme un exemple : elle savait prendre ses distances lorsque ses principes étaient menacés et incarnait une solidarité forte au sein de la profession.

Du côté du Conseil national de la presse et de l’audiovisuel, Mariata Moussa a souligné que la défunte se distinguait par son sens du devoir journalistique. Selon elle, Binti comprenait que la mission d’un journaliste n’était pas de plaire, mais de transmettre l’information avec intégrité, et sa disparition laisse un vide important dans le milieu.

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