Cameroun : S&P ramène la croissance à 3,5 % et alourdit les déficits
S&P Global Ratings maintient la note souveraine du Cameroun à B-/B avec perspective stable, mais réduit sa prévision de croissance 2026 à 3,5 % et relève les déficits budgétaire et courant.

S&P Global Ratings a ramené à 3,5 % sa prévision de croissance du Cameroun pour 2026 et relevé ses estimations des déficits budgétaire et courant à respectivement 2,5 % et 4,4 % du produit intérieur brut. L’agence a parallèlement maintenu le 18 septembre les notes souveraines de long et court terme du pays à B-/B, avec une perspective stable.
La révision reflète notamment une contraction plus forte que prévu dans les hydrocarbures et des performances plus faibles dans l’agriculture, l’industrie manufacturière, l’agro-industrie et la construction. S&P estime que la hausse des prix des hydrocarbures soutient les recettes publiques et les exportations, mais que la baisse des volumes de production, le coût des subventions et le recul des prix du cacao pèsent sur les comptes publics et extérieurs.
La dette nette de l’État reste légèrement inférieure à 40 % du PIB, selon l’agence. S&P anticipe un pic de la dette publique en 2026, suivi d’un repli progressif vers environ 36 % du PIB en 2029. Les paiements d’intérêts devraient représenter en moyenne moins de 8 % des recettes publiques entre 2026 et 2029.
À la fin de 2025, la dette extérieure représentait 63 % de la dette publique camerounaise. Les créanciers multilatéraux et bilatéraux détenaient 86 % de cette dette extérieure, ce qui limite une partie du risque de refinancement commercial, même si les besoins de financement demeurent élevés.
Le maintien de la perspective stable signifie que S&P juge pour l’instant équilibrés les risques qui entourent la capacité du Cameroun à honorer sa dette. La note B-/B reste toutefois située dans la catégorie spéculative, dans un contexte où l’agence surveille la faiblesse de la gouvernance, la dépendance aux matières premières et les tensions potentielles sur la liquidité.
Les nouvelles prévisions de S&P diffèrent légèrement de celles publiées par le Fonds monétaire international en mars. Le FMI tablait alors sur une croissance de 3,3 % en 2026 et sur un déficit courant de 5,3 % du PIB, après avoir estimé la croissance de 2025 à 3,1 %. Le Fonds projetait aussi une dette publique proche de 39,6 % du PIB en 2026, puis 35,9 % en 2029.



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