Cameroun : Paul Biya annonce un nouveau report des législatives et municipales
Le président camerounais Paul Biya a annoncé, le 10 février 2026, un « léger réajustement » du calendrier électoral concernant les élections législatives et municipales. L’annonce a été faite à l’occasion de son traditionnel discours à la jeunesse, prononcé à la veille de la fête nationale du 11 février.

SOMMAIRE
Initialement prévues pour le premier semestre 2026 — après un premier report intervenu en 2025 — ces élections sont une nouvelle fois différées. Aucune nouvelle date n’a été communiquée. Le chef de l’État a évoqué ce réaménagement sans entrer dans les détails, évoquant des « contraintes impérieuses » tout en assurant que la décision s’inscrivait dans le respect de la Constitution et des lois en vigueur.
Le discours portait principalement sur la jeunesse camerounaise, l’emploi et l’entrepreneuriat. Le réajustement du calendrier électoral n’a occupé qu’un passage succinct de l’allocution, sans précisions techniques sur le nouveau chronogramme ni sur les modalités pratiques du report.
Ce silence alimente les interrogations dans un contexte où la convocation du corps électoral par Elections Cameroon (ELECAM) tardait déjà à intervenir.
Prolongation des mandats et incertitudes politiques
Ce nouveau décalage entraîne mécaniquement la prolongation des mandats des députés et conseillers municipaux en fonction. Une situation qui nourrit les critiques de l’opposition et de certains observateurs, lesquels évoquent un calendrier électoral « à géométrie variable ».
Plusieurs analystes soulignent que l’absence de date précise maintient les partis politiques dans l’incertitude stratégique des organisation des investitures, de la mobilisation des militants et la préparation logistique et financière des campagnes. Pour les citoyens, notamment les jeunes électeurs, ce report est perçu par certains comme un frein au renouvellement politique attendu à travers les scrutins locaux et parlementaires.
Officiellement, le président n’a fourni aucune justification détaillée. Il s’est contenté d’évoquer des « contraintes impérieuses ». Dans les milieux politiques, plusieurs hypothèses circulent comme celle des pressions internes au sein du RDPC, le parti au pouvoir, des considérations sécuritaires dans certaines régions et des arbitrages stratégiques liés à la gestion globale du calendrier électoral. L’absence de communication institutionnelle précise laisse place aux spéculations, d’autant plus qu’un premier report avait déjà été acté en 2025.
Pour l’opposition, le report sans date précise entretient une incertitude qui affaiblit la crédibilité du processus électoral. Certains y voient une stratégie de maîtrise du tempo politique, dans un contexte marqué par des défis économiques et des tensions régionales persistantes.

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