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Cameroun : l’opposition dénonce la création d’un poste de vice-président et la révision du code électoral

Après l’adoption d’une révision constitutionnelle le samedi 4 avril 2026 instaurant un poste de vice‑président, les sénateurs ont entériné, mardi 7 avril 2026, une modification du code électoral qui change sensiblement l’organisation locale et le calendrier politique.

POLITIQUE
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Cameroun: l'opposition monte au créneau contre l'instauration du poste de vice-président et les modifications du code électoral
<span>Maurice Kamto (photo), le président du MRC a lancé une pétition citoyenne en ligne contre ce qu'il appelle «le coup d’État constitutionnel et institutionnel».</span> <span>AFP - STEPHANE DE SAKUTIN</span>
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Parmi les dispositions votées figure la suppression de la limite de 18 mois qui encadrait auparavant la prorogation des mandats des conseillers municipaux. L’exécutif dispose désormais de la possibilité de prolonger ces mandats par décret sans plafond de durée. Parallèlement, les élections législatives ont déjà été repoussées et sont désormais annoncées pour 2027.

Ces évolutions ont suscité des réactions immédiates au sein de l’opposition. Sur sa page Facebook, l’ancien ministre et candidat à la présidentielle, Issa Tchiroma Bakary, exilé en Gambie depuis novembre 2025, a adressé un message à la diaspora invitant les Camerounais établis à l’étranger à se coordonner et à s’organiser contre ce qu’il qualifie de pratiques contraires aux principes démocratiques et d’ajustements constitutionnels conçus pour servir les intérêts du pouvoir.

Maurice Kamto, chef du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), a lancé une pétition en ligne dénonçant ce qu’il considère comme un bouleversement institutionnel grave. Dans le même temps, ces démarches trouvent peu d’écho auprès des responsables du camp présidentiel, qui minimisent les critiques et défendent les changements opérés.

Des opposants qui exigent un recours au référendum pour valider les transformations

Me Emmanuel Simh, vice‑président du MRC, rejette l’idée que la population aurait approuvé tacitement ces réformes. Selon lui, la seule manière d’en mesurer l’adhésion aurait été de soumettre le texte à un référendum. Il s’alarme aussi du principe selon lequel un chef de l’État pourrait désigner par avance celui qui exercerait ses fonctions en cas d’empêchement, sans que cette personne ait été élue par le suffrage populaire.

De leur côté, des porte‑parole du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) défendent la mesure en rappelant des précédents historiques, et estiment que la mise en place d’une succession constitutionnelle est conforme à des pratiques passées. Ils considèrent que les opposants exagèrent la portée des changements et resteront minoritaires dans l’opinion publique.

Dans le climat politique actuel, aucune mobilisation de rue n’est annoncée. Les responsables de l’opposition évoquent le risque de répression et rappellent que les manifestations sont rarement autorisées. Parallèlement, des échanges se tiennent au sein de la société civile pour déterminer des réponses collectives aux récentes décisions législatives et constitutionnelles.

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