Bénin: Daniel Edah interpelle Paul Hounkpè sur l’avenir de la démocratie et le rôle de la FCBE
Dans une lettre ouverte adressée à Paul Hounkpè, Secrétaire exécutif national de la Force cauris pour un Bénin émergent (FCBE), Daniel Edah appelle à un sursaut politique face aux dérives qu’il attribue au système électoral issu des réformes de la Rupture.

L’auteur salue d’abord la récente déclaration de la FCBE, dans laquelle le parti reconnaît que les réformes électorales ont engendré division, exclusion et déséquilibre institutionnel. Pour Daniel Edah, cette prise de position marque un moment de lucidité politique, dans un contexte où la FCBE est désormais absente de l’Assemblée nationale et des 77 conseils communaux du pays.
Cependant, il exprime de sérieuses réserves quant à l’hypothèse d’un parrainage facilité de la candidature de Paul Hounkpè à l’élection présidentielle d’avril 2026. Selon lui, une telle démarche pourrait s’inscrire dans une stratégie plus large visant à affaiblir et fragmenter l’opposition, au profit d’un pouvoir hégémonique sans réel contrepoids démocratique.
Daniel Edah insiste sur le fait que la paix sociale ne peut être durable sans un respect effectif des principes démocratiques, notamment l’inclusion politique et l’équité dans l’organisation des élections. Il met en garde contre toute forme d’arrangement politique susceptible de compromettre la souveraineté populaire et la cohésion nationale.
Dans sa lettre, il invite également Paul Hounkpè à veiller à ce que son nom ne soit pas associé à un processus de confiscation démocratique, tout en rappelant que le peuple demeure, selon lui, la meilleure protection face à d’éventuelles pressions ou persécutions injustes.
Enfin, Daniel Edah appelle la FCBE à aller jusqu’au bout de la posture critique affichée dans sa déclaration de presse, en apportant la preuve qu’aucun accord politique n’a été conclu au détriment du peuple béninois.
Il conclut en plaidant pour un rassemblement sincère des forces politiques et sociales, afin de refonder la démocratie béninoise et engager le pays sur la voie d’une économie de production et de transformation, capable de répondre aux défis sociaux, notamment l’emploi des jeunes.
LETTRE OUVERTE À Paul HOUNKPÈ
Monsieur le Secrétaire Exécutif National et Cher frère,
J’ai pris connaissance de la déclaration de presse de la FCBE désavouant le système électoral réformé par le régime de la Rupture ainsi que les lois qui l’organisent, au lendemain des élections dites générales. J’y ai notamment relevé cette affirmation, je cite : « Il faut oser reconnaître que les réformes sont porteuses de division, d’exclusion et de déséquilibre institutionnel. »
J’en salue le ton, la lucidité et la clarté de la position exprimée.
À l’heure où l’histoire vous appelle personnellement à un sursaut patriotique, alors même que votre parti est écarté de l’Assemblée nationale et de l’ensemble des 77 conseils communaux, il devient légitime de s’interroger. Quelles que soient les promesses ou assurances qui auraient pu vous être faites, il apparaît de
plus en plus clairement que la facilitation du parrainage de votre candidature à l’élection présidentielle d’avril 2026 pourrait s’inscrire dans une stratégie globale de fragilisation de l’opposition pour s’offrir la
confiscation de la démocratie béninoise, visant la consolidation d’un pouvoir sans partage, sans véritable dialogue politique.
La préservation durable de la paix qui nous tient à cœur passe nécessairement par le respect sincère et effectif des principes démocratiques. Les dirigeants et acteurs politiques véritablement soucieux de paix, de stabilité et de cohésion nationale doivent, en toutes circonstances, œuvrer pour l’inclusion dans la gouvernance, y compris et surtout dans l’organisation des élections.
Prenant acte des raisons qui vous avaient amené à faire confiance à la bonne foi du régime, je forme le vœu que votre nom ne soit jamais associé à ceux qui, par calcul ou par contrainte, choisiraient de compromettre la paix sociale pour dérouler un agenda de division et de confiscation de la souveraineté populaire. Et si, d’aventure, vous faisiez l’objet d’un quelconque chantage ou aviez à craindre pour votre liberté, souvenez-vous que le peuple sait absoudre et qu’il demeure, en dernier ressort, la plus grande protection contre toute forme de persécution injuste.
Après avoir éprouvé la bonne foi du régime et, le cas échéant, constaté avoir été instrumentalisé dans une stratégie de fragmentation de l’opposition et d’installation d’un pouvoir hégémonique à tous les niveaux, j’ose espérer que votre parti saura aller jusqu’au bout de la posture courageuse affichée dans votre
déclaration de presse. Il s’agira alors de démontrer clairement au peuple béninois qu’aucun marché politique n’a jamais été conclu dans son dos.
Notre pays a besoin du rassemblement sincère de tous ses fils et de toutes ses filles pour repartir sur de nouvelles bases, consolider notre démocratie, préserver nos acquis et bâtir une économie de production et de transformation capable de répondre à nos défis sociaux, à commencer par l’emploi des jeunes. Donnons-
nous la main pour créer ces conditions et éviter que le Bénin ne s’enfonce dans une logique de terre brûlée ou de « après nous, le déluge ».
Ensemble, nous le ferons.
Avec mes considérations,
Daniel Edah

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