Amnesty : le retrait du Burkina Faso, du Mali et du Niger de la CPI est un recul
Amnesty International juge « un recul grave » la décision annoncée par le Burkina Faso, le Mali et le Niger de se retirer de la Cour pénale internationale (CPI), estimant que ce choix fragilise les mécanismes de lutte contre l’impunité pour les crimes les plus graves commis sur leur territoire et risque de laisser les victimes sans recours. La déclaration de l’ONG met en lumière les tensions entre autorités nationales et institutions internationales chargées de la justice pénale.

SOMMAIRE
Les autorités des trois pays ont annoncé leur intention de quitter la CPI en invoquant notamment des arguments liés à la souveraineté et à ce qu’elles qualifient d’ingérence ou de biais. Cette décision intervient dans un contexte régional marqué par des crises politiques et des transitions de pouvoir, qui ont suscité des observations et des enquêtes de la part d’acteurs internationaux et d’ONG pour faits allégués contraires au droit international humanitaire et au droit international des droits de l’homme.
Pour Amnesty International, le retrait constitue une atteinte aux droits des victimes et aux normes internationales de responsabilité pénale. L’organisation souligne que la CPI demeure, selon son mandat, un recours essentiel lorsque les juridictions nationales sont incapables ou peu disposées à enquêter et à poursuivre des allégations de crimes de guerre, crimes contre l’humanité ou génocide.
Conséquences pour les mesures d’accountability et la protection des victimes
Amnesty rappelle que la CPI fonctionne sur la base de la complémentarité : elle intervient lorsque les systèmes judiciaires nationaux ne prennent pas ou ne peuvent pas prendre en charge des enquêtes crédibles. Le retrait des trois États remet en question cette architecture en limitant les possibilités de coopération et en réduisant les leviers internationaux pour garantir des enquêtes indépendantes.
Les organisations de défense des droits humains signalent que l’absence de recours internationaux risque d’accroître la vulnérabilité des victimes et de leurs familles. Sans coopération avec la Cour, les enquêtes internationales peuvent se trouver entravées, ce qui complique la collecte de preuves, la protection des témoins et la mise en œuvre de poursuites effectives.
Des enjeux pratiques surgissent également pour la situation des procédures en cours ou à venir : la CPI dépend du soutien des États parties pour l’exécution des mandats, l’arrestation des personnes inculpées et l’assistance judiciaire. La réticence des États concernés à coopérer peut ainsi freiner ou compromettre des enquêtes déjà engagées par le bureau du procureur, ainsi que l’accès des victimes aux mécanismes de réparation prévus par la Cour.
Amnesty interpelle les autorités sur l’impact de leur retrait sur la prévention des crimes graves et sur la confiance du public dans la justice internationale, et appelle à des garanties que les victimes continueront de pouvoir porter plainte et d’obtenir des réponses judiciaires face à des allégations établies de violations des droits humains alors que

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