À Maurice, 76 % des jeunes de 18 à 25 ans envisagent l’émigration
L’envie de quitter Maurice progresse fortement chez les jeunes. Selon le rapport 2026 de l’Afrobarometer, publié le 10 août à Réduit, 76 % des 18-25 ans ont déjà envisagé, à des degrés divers, de partir à l’étranger, contre 26 % dix ans plus tôt.

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Cette évolution met en lumière les difficultés rencontrées par une partie de la jeunesse mauricienne, notamment en matière d’emploi, de pouvoir d’achat et d’accès au logement. Elle contraste également avec l’image d’une île stable et prospère souvent associée à Maurice.
L’étude, préparée par l’institut de sondage StraConsult dans le cadre du rapport Afrobarometer Flagship Report 2026, montre que la proportion des jeunes ayant pensé à émigrer a presque triplé depuis 2016. Le chiffre ne signifie pas que tous ont engagé une démarche de départ, mais qu’ils envisagent cette possibilité comme une option.
Le coût de la vie et le sentiment de blocage
Pour la sociologue Meghna Raghoobar, cette progression s’explique principalement par la hausse du coût de la vie, l’augmentation des prix de l’immobilier et le sentiment que l’accès aux opportunités ne repose pas suffisamment sur le mérite.
Elle évoque également le népotisme et le clientélisme, qui alimenteraient chez certains jeunes l’impression que le marché du travail local est difficilement accessible. Dans ce contexte, l’émigration ne serait plus seulement perçue comme un choix individuel, mais comme une réponse aux limites ressenties dans la société mauricienne.
Les représentants de la jeunesse cités dans le rapport insistent pour leur part sur les difficultés d’accès à l’emploi et sur le niveau des rémunérations. Teejvin Woodun, étudiant et membre du Forum national des collèges, estime que cette tendance dépasse la seule question de la mobilité des jeunes et révèle un malaise plus large concernant le modèle socio-économique du pays.
Les destinations anglophones figurent parmi les plus recherchées. Le Canada et l’Australie attirent notamment les jeunes Mauriciens, en raison des perspectives professionnelles, des possibilités d’études et de la présence d’une diaspora importante.
Saniyah Hossenbocus, vice-présidente du Conseil national des étudiants, souligne toutefois que le projet de départ ne traduit pas nécessairement un rejet de Maurice. Il peut aussi correspondre à la volonté de découvrir d’autres pays, d’acquérir une expérience internationale ou de comparer les possibilités offertes à l’étranger avec celles disponibles sur l’île.
Avec 76 % des 18-25 ans ayant déjà songé à émigrer, la mobilité internationale s’impose désormais comme un sujet central du débat sur l’emploi, les perspectives économiques et l’avenir de la jeunesse mauricienne.


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