31 ans après, des images d’archives de Surya Bonaly refont surface
Surya Bonaly, figure emblématique du patinage français, revient sous les projecteurs après la diffusion, le 13 février 2026 dans l’émission 20h30 le dimanche, d’images d’archives tournées lors des championnats du monde de 1994 à Chiba. Ces séquences montrent la patineuse concentrée et déterminée, en costume rose, enchaînant des éléments techniques tels que le triple flip et le double piqué sous le commentaire : « Sous l’œil de Philippe Candeloro, Surya s’élance, elle veut être championne du monde. »

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Née et adoptée bébé, Surya Bonaly a grandi dans une bergerie sans eau ni électricité sur les hauteurs de la Côte d’Azur. Très tôt, elle pratique la gymnastique, la danse et le plongeon avant de trouver sa voie sur la glace, où son style puissant et explosif la distingue rapidement des autres compétitrices. À 15 ans, elle devient championne de France et, entre 1991 et 1995, elle remporte cinq titres européens consécutifs.
Sa carrière internationale est marquée par des performances techniques remarquables et une succession de podiums mondiaux : trois médailles d’argent aux championnats du monde. En 1994, à Chiba, la médaille d’or est attribuée à la Japonaise Yuka Sato malgré un contenu technique jugé inférieur par une partie de l’entourage de Bonaly. Bouleversée, Surya enlève sa médaille sur le podium, un geste relayé par son ami et rival Philippe Candeloro, qui parlera plus tard d’un « message fort ». Ces images d’archive récemment remontées montrent l’intensité de l’instant et la tension de la compétition.
Un style et des gestes qui ont fait débat
Sur la glace, Surya Bonaly n’a jamais cherché à se conformer aux canons traditionnels du patinage artistique des années 1990, où la grâce était souvent valorisée au détriment de la puissance. Elle impose au contraire un registre athlétique, tentant des combinaisons et des sauts jusqu’alors rares chez les femmes, et popularisant le salto arrière réceptionné sur un pied, surnommé « le Bonaly ». Cette figure, qualifiée de interdite en compétition à l’époque, est devenue le symbole de son refus des normes établies.
Quatre ans après Chiba, lors des Jeux olympiques de Nagano, Surya Bonaly réalise son célèbre salto arrière interdit, un geste considéré comme une provocation par certains et salué par une ovation du public. Son engagement technique et sa prise de risque ont durablement marqué l’histoire du sport.
Dans les années qui suivent, le mouvement du patinage évolue : en 2024, la figure qu’elle avait osée devient officiellement autorisée, et en 2026 le patineur américain Ilia Malinin réussit cette figure aux Jeux olympiques, illustrant l’influence anticipatrice de Bonaly sur la discipline.
Distinguée par la Légion d’honneur en 2019 par Christian Estrosi, Surya Bonaly vit aujourd’hui à Las Vegas, où elle transmet son expérience et son enseignement à une nouvelle génération de patineurs.

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