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Visas américains : le Bénin devra désormais passer par Lomé, Accra ou Lagos

Washington s’apprête à réduire fortement son dispositif de délivrance de visas en Afrique. Selon l’Associated Press, seules 20 ambassades et consulats américains conserveront une pleine capacité de traitement, une décision qui risque d’alourdir les démarches pour les ressortissants de nombreux pays africains, dont le Bénin, dans le contexte du durcissement anti-immigration de l’administration Trump.

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Ambassade des USA à Cotonou
Ambassade des USA à Cotonou @ Knot Studio
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Le Département d’État américain va réduire à 20 le nombre d’ambassades et consulats en Afrique habilités à traiter les demandes de visa pour les ressortissants étrangers souhaitant se rendre aux États-Unis, selon des informations de l’Associated Press publiées mardi 2 juin 2026. La mesure, qui devrait entrer en vigueur dans le courant du mois de juin, est fondée sur une directive approuvée par le secrétaire d’État Marco Rubio la semaine du 25 mai. Elles réduisent de moitié le réseau actuel de traitement consulaire : près de 50 ambassades et consulats procédaient jusqu’ici à l’instruction des demandes. L’information est établie sur la base de témoignages de trois fonctionnaires américains autorisés à s’exprimer sous couvert d’anonymat et d’un mémorandum interne obtenu par l’agence AP.

Aucune date précise n’était fixée au moment de la publication. Lors d’un appel de conférence tenu le vendredi 30 mai, des diplomates américains – dont des chefs de section consulaire – ont été informés de la décision de réduire les services de visa dans l’ensemble de l’Afrique, selon l’un des fonctionnaires présents.

Les 20 sites conservant la pleine capacité de traitement des visas sont les suivants : Abidjan (Côte d’Ivoire), Accra (Ghana), Addis-Abeba (Éthiopie), Le Cap et Johannesburg (Afrique du Sud), Dakar (Sénégal), Dar es Salam (Tanzanie), Djibouti (Djibouti), Kampala (Ouganda), Kigali (Rwanda), Kinshasa (RD Congo), Lagos (Nigeria), Lomé (Togo), Luanda (Angola), Malabo (Guinée équatoriale), Monrovia (Liberia), Nairobi (Kenya), Port-Louis (Maurice), Praia (Cap-Vert) et Yaoundé (Cameroun). Les sections consulaires des pays non retenus se verront restreindre leurs activités aux services destinés aux citoyens américains et aux affaires urgentes.

Des conséquences pratiques importantes pour les pays non retenus

La mesure crée une contrainte géographique et financière directe pour les ressortissants des pays non inclus dans les 20 hubs. Un demandeur de visa béninois, par exemple, devra désormais se déplacer à Lomé au Togo, à Accra au Ghana ou à Lagos au Nigeria pour déposer sa demande – villes distantes de Cotonou de 100 à 150 kilomètres pour les deux premières, de 400 kilomètres pour la troisième. Les frais de transport, d’hébergement et d’attente s’ajouteront aux frais de visa déjà élevés. Pour des pays plus enclavés, comme le Mali, le Niger ou le Tchad, dont aucune capitale n’est incluse dans les hubs, la contrainte est proportionnellement plus lourde.

Cette réduction s’ajoute à d’autres mesures déjà en vigueur depuis le début du second mandat de Trump. Des cautions de visa de 5 000 à 15 000 dollars ont été instaurées pour plusieurs pays africains, dont le Bénin, le Sénégal, le Cameroun et la Côte d’Ivoire. Ces cautions ont été partiellement assouplies pour les supporters africains souhaitant assister à la Coupe du monde 2026, dont les premières rencontres sont prévues à partir du 11 juin sur le sol américain. Des interdictions de voyage formelles frappent par ailleurs certains pays du continent. Les restrictions consécutives à la résurgence du virus Ebola en RDC et en Ouganda ont encore réduit le traitement des demandes en provenance des pays concernés et de leurs voisins.

Un Département d’État qui invoque l’efficience

Dans sa réponse à l’AP, le Département d’État a indiqué qu’il « évalue en permanence ses opérations à l’étranger afin d’utiliser les fonds publics de manière à faire progresser les priorités des États-Unis avec le plus d’efficacité et d’efficience possible ». Il a précisé que cela « comprend une procédure de délivrance de visas qui respecte des normes rigoureuses en matière de contrôles de sécurité et de vérification des antécédents, et qui aligne les ressources et les capacités opérationnelles sur les intérêts nationaux des États-Unis ». La mesure ne constitue pas une fermeture d’ambassades, mais une restriction du périmètre de leurs activités consulaires.

La politique de visa africaine s’inscrit dans le cadre plus large du durcissement anti-immigration de l’administration Trump, qui a parallèlement réduit les effectifs de ses ambassades dans le monde, durci les conditions d’obtention de visas pour des dizaines de pays, et déclenché des procédures d’expulsion à grande échelle sur le territoire américain.

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