Tunisie : Kaïs Saïed appelle la télévision publique à changer de discours
Lors de la commémoration du 26e anniversaire de la disparition d’Habib Bourguiba, organisée à Monastir, le président tunisien Kaïs Saïed a ciblé la télévision publique dans son allocution rendant hommage à l’ancien chef de l’État. L’intervention, prononcée dans la ville natale de Bourguiba, a pris un ton critique à l’égard du service audiovisuel national.

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Sans citer d’exemples précis, le chef de l’État a reproché à la chaîne d’avoir recours à des formes d’information qu’il a qualifiées de trompeuses et a demandé une refonte du discours diffusé au public. Il a insisté sur la nécessité pour le média public de mieux répondre aux attentes historiques et civiques du pays.
Kaïs Saïed, au pouvoir depuis 2019, a également estimé que certaines pratiques éditoriales étaient dépassées et n’étaient plus tolérées par une partie des citoyens, sans toutefois détailler les points visés ni proposer de mesures concrètes.
Ce rappel critique intervient quelques mois après une réunion, en janvier, durant laquelle le président avait convié les dirigeants des médias publics — y compris la direction de la télévision nationale — pour souligner le rôle crucial des organes d’information et appeler à davantage de transparence et de service à l’intérêt général.
Situation préoccupante pour la liberté d’informer
Sur le terrain, les conditions de travail des journalistes restent tendues : la distribution des cartes de presse pour 2026 n’a pas été faite pour les reporters tunisiens et étrangers, et les échanges entre autorités et professionnels de l’information sont limités, selon des observateurs.
De plus, la crainte de sanctions a favorisé le retour de l’autocensure dans plusieurs médias, un phénomène qui affaiblit le pluralisme et la capacité des rédactions à enquêter et à informer librement.
Cette dégradation est reflétée par une chute marquée de la Tunisie dans le classement mondial de la liberté de la presse pour 2025, le pays perdant onze places, signe d’un recul notable dans l’appréciation internationale de son paysage médiatique.



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