Tanzanie : une étude utilisant l’IA révèle des types de rugissements distincts chez les lionnes
Direction le parc national de Nyerere, en Tanzanie, où une équipe de bio-acousticiens britanniques et tanzaniens a étudié les rugissements des lions et des lionnes à l’aide de l’intelligence artificielle. L’enquête révèle des caractéristiques vocales inattendues et remet en perspective l’image du rugissement véhiculée par le cinéma.

SOMMAIRE
Le célèbre rugissement associé au lion de la MGM, souvent entendu dans les génériques, provient en réalité d’un tigre, un fait souligné par les auteurs de l’étude menée à Nyerere. Les chercheurs ont appliqué des techniques de machine learning pour analyser les enregistrements de terrain.
Publiée le 20 novembre dans la revue Ecology and Evolution, la recherche montre que les lions utilisent deux types distincts de rugissements : le rugissement puissant bien connu et des vocalisations intermédiaires jusque-là indétectées par l’oreille humaine, mises en évidence grâce à l’IA.
Variations vocales et complexité
Les analystes ont distingué, au sein de chaque séquence étudiée, quatre catégories de cris allant du rugissement au grognement, en passant par des sons proches du gémissement. Une des séquences enregistrées à Nyerere comporte notamment le rugissement d’une lionne.
Les nuances observées apparaissent moins puissantes que l’imaginaire collectif ; certains signaux évoquent des aboiements, sans pour autant être de simples sons élémentaires, car leur structure acoustique se révèle plus complexe.
Jonathan Growcott, chercheur à l’université d’Oxford et coauteur de l’étude, rappelle que le rugissement fonctionne comme une signature vocale propre à chaque individu, information qui permettrait d’identifier et de suivre individuellement des lions et des lionnes.
Selon l’équipe, chaque vocalisation porte des renseignements utilisés pour la communication au sein du groupe : alerter, localiser un congénère ou, de façon plus agressive, affirmer une limite territoriale.
Les rugissements intermédiaires — grognements, sons apparentés à des aboiements ou à des gémissements — restent à interpréter. L’IA n’offre pas encore de traduction automatique de cette « langue » féline, mais ouvre la voie à un suivi individualisé et à une meilleure compréhension du comportement vocal des lions d’Afrique.

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