Surya Bonaly et Yannick Noah : une danseuse classique s’insurge contre le racisme décomplexé dans le sport

France 2 a diffusé en janvier 2022 le documentaire Noirs en France, qui rassemble témoignages et récits pour documenter la persistance du racisme, y compris dans le milieu sportif et artistique. Le film donne la parole à des personnalités connues et à des anonymes, et revient notamment sur les expériences de la patineuse Surya Bonaly, du tennisman Yannick Noah et d’une danseuse classique, Kathy, dont les propos ont suscité une vive émotion lors de la diffusion.

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SOMMAIRE

Le documentaire met en regard des situations variées : insultes en tribunes, discriminations dans les vestiaires, remarques sur l’apparence ou l’ajustement du matériel professionnel pour les peaux noires. Ces récits illustrent, selon le film, que le racisme ordinaire reste ancré à différents niveaux de la société et touche aussi le sport, considéré par beaucoup comme un langage universel.

À travers une mosaïque de voix, Noirs en France propose des fragments de vies qui détaillent petites et grandes humiliations. Le format fait coexister témoignages de célébrités et récits d’anonymes pour dessiner une image de la discrimination quotidienne, sans se limiter aux seules analyses théoriques.

Témoignages de Surya Bonaly, Yannick Noah et d’une danseuse classique

Surya Bonaly revient dans le documentaire sur un épisode marquant de sa carrière : aux Championnats du monde au Japon en 1994, alors qu’elle semblait en position de force, elle termine deuxième. Elle s’était exprimée à la remise des médailles en déclarant : « J’ai fait tout ce que je pouvais, mais je ne me suis pas peinte en blanc, ça c’est sûr », phrase rapportée par le film pour souligner la dimension raciale de son ressenti face au verdict des juges.

Le cas de Yannick Noah est également évoqué. Le chanteur et ancien tennisman confie que son premier souvenir où il prend conscience de sa différence remonte à son arrivée en pension : « Mon premier souvenir d’enfant noir, c’est en arrivant en pension. J’étais le seul Noir, je suis devenu ‘Bamboula’ en quelques minutes ». Le documentaire rappelle toutefois que Noah a ensuite marqué l’histoire du tennis en remportant Roland-Garros en 1983.

Le témoignage de Kathy, présentée comme une Bordelaise travaillant comme hôtesse d’accueil à l’Opéra, illustre la traduction des préjugés dans le monde de la danse classique. On lui aurait dit : « Un cygne noir, ça fait tâche », et elle a été redirigée vers des cours de hip-hop. Une fois acceptée dans le milieu classique, elle relate des remarques sur son corps : « On m’a dit que j’étais trop cambrée, que mon corps n’était pas adapté. C’était ‘range tes fesses’… »

Kathy détaille aussi des difficultés matérielles : selon son témoignage, elle devait peindre elle‑même ses chaussons de danse car il n’existerait pas de matériel adapté aux peaux noires, citant l’absence de collants et de pointes adaptés. Ce récit, comme d’autres extraits présentés dans le documentaire, a suscité des réactions d’indignation sur les réseaux sociaux.

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