Souveraineté des îles Matthew et Hunter: le Vanuatu souhaite engager une procédure contre la France à la CIJ

Le Vanuatu a déposé une requête auprès de la Cour internationale de justice concernant la souveraineté des îles Matthew et Hunter et la frontière maritime avec la France, a annoncé la CIJ le 1er septembre 2026. L'affaire ne pourra toutefois être examinée que si Paris accepte la compétence de la Cour.

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Le Vanuatu a déposé une requête auprès de la Cour internationale de justice (CIJ) au sujet des îles Matthew et Hunter, revendiquées par Port-Vila mais administrées par la France au titre de la Nouvelle-Calédonie, a annoncé la Cour dans un communiqué mardi 1er septembre. La haute juridiction des Nations unies, qui siège à La Haye, précise avoir transmis cette requête à Paris. Mais l’affaire ne pourra être effectivement examinée que si la France accepte, de son côté, la compétence de la Cour pour trancher ce différend : à ce stade, aucun acte de procédure ne sera engagé.

Selon la CIJ, la requête vanuataise porte sur un différend avec la France « concernant la souveraineté du Vanuatu sur les îles Umaenupne (Matthew) et Umaeneg/Leka (Hunter) », ainsi que sur « l’établissement d’une frontière maritime unique entre les zones économiques exclusives et les plateaux continentaux du Vanuatu et de la France, en ce qui concerne la Nouvelle-Calédonie ». La Cour a confirmé la transmission du document aux autorités françaises, qui n’ont pas réagi publiquement dans l’immédiat.

Cette démarche formalise une intention exprimée dès juillet 2026 par le vice-premier ministre vanuatais Johnny Koanapo, qui avait annoncé que son pays comptait porter le contentieux devant une instance internationale après l’échec de plusieurs cycles de négociations bilatérales, notamment en novembre 2025 et en juin 2026. Des médiations antérieures, menées par l’Australie en 2018 puis par le Royaume-Uni en 2019, n’avaient pas non plus permis de rapprocher les positions des deux Etats.

Le différend est antérieur à l’indépendance du Vanuatu, proclamée en 1980 après une période d’administration conjointe franco-britannique. Ces deux îlots volcaniques inhabités, situés à environ 300 kilomètres de la Nouvelle-Calédonie, sont rattachés par Paris à cette collectivité française. Port-Vila conteste cette souveraineté, affirmant que la population autochtone concernée n’a jamais été consultée sur le sort de territoires qu’elle considère comme lui appartenant historiquement.

Un enjeu maritime et économique

Au-delà de la souveraineté sur ces terres émergées, le litige conditionne le tracé de la frontière maritime entre les deux pays et, avec lui, l’accès à une zone économique exclusive potentielle, aux droits de pêche et aux ressources des fonds marins environnants. C’est ce volet, autant que la question territoriale proprement dite, que la requête vanuataise demande à la CIJ de trancher.

Une procédure suspendue à l’accord de la France

La France n’ayant pas reconnu la juridiction obligatoire de la CIJ, celle-ci ne peut se saisir de l’affaire sans le consentement explicite de Paris, selon un mécanisme propre au droit international appelé « forum prorogatum ». Le dépôt de la requête par le Vanuatu constitue donc une démarche juridique réelle et non une simple déclaration d’intention, mais il ne préjuge pas de la tenue effective d’un procès : celle-ci dépend désormais d’une décision politique française, dont la teneur n’était pas connue à l’heure de la publication du communiqué de la Cour.

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