Sonia Mabrouk : « Ça me fait toujours rire les professionnels qui parlent au nom des musulmans »
Sonia Mabrouk, journaliste franco-tunisienne connue pour ses prises de position tranchées sur la laïcité et l’islam en France, a récemment quitté CNews au cœur d’une polémique largement relayée par la presse. Figure récurrente des plateaux radiophoniques et télévisés, elle est liée à des débats publics vifs et à des médias de la sphère conservatrice, et sa démission a été attribuée, selon Le Monde, à la controverse autour de la condamnation de Jean-Marc Morandini pour corruption de mineurs.

SOMMAIRE
Originaire de Tunisie et diplômée d’une école de commerce tunisienne, Sonia Mabrouk a commencé sa carrière comme enseignante avant d’être remarquée en 2008 par le journaliste Jean-Pierre Elkabbach, qui lui a donné l’opportunité de travailler sur Public Sénat. Deux ans plus tard, elle obtient la nationalité française. En 2013, elle publie des articles dans le mensuel Jeune Afrique et se fait connaître d’un plus large public via Europe 1, où elle anime des émissions jusqu’en 2017.
Après son passage sur Europe 1, Sonia Mabrouk s’est imposée sur CNews, chaîne détenue par Vincent Bolloré, en traitant de sujets politiques. Sa position médiatique et éditoriale lui a valu d’être qualifiée par certains médias d’« égérie de la droitosphère », en raison de ses prises de position affirmées en faveur de l’assimilation et d’une ligne ferme sur la laïcité et ce qu’elle désigne comme un « islam conquérant ».
Parcours, alliances et controverses
Les liens éditoriaux et amicaux sont régulièrement évoqués dans la presse : Sonia Mabrouk est décrite comme proche d’Elisabeth Lévy, rédactrice en chef de Causeur, et comparée à des figures de la droite dure. Dans certains médias, elle est présentée comme une « caution smart de l’extrême droite » ou qualifiée, dans Causeur, de « réac’ aux dents blanches ». Sa sympathie affichée envers Éric Zemmour a également été relevée par la presse ; Zemmour a fait l’objet de condamnations judiciaires, rappelées par plusieurs titres.
La sortie de Sonia Mabrouk de CNews s’est produite dans un contexte de crise éditoriale après des révélations et procédures touchant des personnalités du même groupe. Selon Le Monde, sa démission serait liée à la polémique concernant Jean-Marc Morandini, condamné pour corruption de mineurs, et à la manière dont la rédaction a géré l’affaire. La journaliste apparaît, dans les comptes rendus médiatiques, comme la seule figure de la chaîne à avoir quitté son poste en réaction à cette controverse.
Sur le fond de ses interventions, Sonia Mabrouk s’est souvent positionnée de manière ferme sur le thème du « vote musulman » et de la représentation des musulmans en France. En avril 2017, elle a participé à un échange vif sur le plateau de Salut les Terriens, animé par Thierry Ardisson, face à Marwan Muhammad, alors directeur du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF).
Lors de cette confrontation, elle a déclaré : « Moi, ça me fait toujours rire les professionnels qui parlent au nom de tous les musulmans et au nom de l’Islam. » Elle s’est adressée à son interlocuteur en le qualifiant de « caricature et une imposture » pour elle, propos qui ont été largement relayés et commentés par les médias couvrant l’émission.
Sur le plateau, la séquence a suscité une forte réaction médiatique : Thierry Ardisson, alors présentateur de l’émission, a été rapporté comme appréciant l’intensité du face-à-face, contributeur aux retombées publiques de l’échange.

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