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Sénégal : dette, FMI, crédibilité financière… Dakar tente de reprendre la main

Le Sénégal a remboursé par anticipation deux obligations souveraines libellées en euros et en dollars, à quelques jours d’une mission technique du FMI attendue à Dakar mi-juin. Ce geste financier intervient dans un contexte de dette sous surveillance, après la révélation d’engagements non déclarés hérités de l’ancien régime et la suspension du programme avec l’institution de Bretton Woods.

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Sénégal Des automobilistes se frayent un chemin dans la circulation matinale à Dakar le 6 septembre 2023.
Des automobilistes se frayent un chemin dans la circulation matinale à Dakar le 6 septembre 2023. (Image d'illustration)AFP - JOHN WESSELS
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Le Sénégal a procédé au remboursement anticipé de deux obligations souveraines avant leur date d’exigibilité, selon des informations de l’agence Bloomberg publiées dimanche 7 juin 2026. L’État a versé un coupon de 53,75 millions d’euros sur une obligation libellée en euros arrivant à maturité en 2037, et 38,8 millions de dollars sur une obligation en dollar dont l’échéance est fixée à 2031, soit respectivement environ 35,2 et 35,5 millions d’euros au cours du jour. Les deux paiements ont été effectués avant leur date d’exigibilité prévue dans le courant de la semaine du 8 juin.

Ces remboursements anticipés interviennent à huit jours de l’arrivée à Dakar d’une mission technique du Fonds monétaire international (FMI). Julie Kozack, directrice du département de la communication de l’institution, avait annoncé le 4 juin qu’une équipe serait dépêchée au Sénégal durant la semaine du 15 juin. Selon elle, les discussions visent à « parvenir à une compréhension commune des perspectives macroéconomiques, des besoins de financement du Sénégal et de ses priorités en matière de réformes », et doivent permettre d’aborder la question de la « vulnérabilité de la dette sénégalaise ».

Pour les observateurs financiers, le paiement anticipé constitue un signal adressé aux marchés et aux créanciers internationaux à un moment où le Sénégal cherche à rétablir sa crédibilité financière après une période de turbulences. La rencontre à Nairobi, en marge du sommet Africa Forward, entre le président Bassirou Diomaye Faye et la directrice générale du FMI Kristalina Georgieva avait déjà permis, selon le ministre des Finances Cheikh Diba, d’éclaircir « beaucoup de zones d’ombre » sur les instruments financiers envisagés.

Un dossier de dette non déclarée en attente de clôture

Le Sénégal cherche à renouer avec les financements du FMI après la suspension, en 2024, d’un programme de 1,8 milliard de dollars. Cette suspension avait fait suite à la révélation d’engagements financiers non déclarés, qualifiés de « dette cachée », accumulés entre 2019 et 2024 sous l’administration de Macky Sall et estimés à environ 7 milliards de dollars par les nouvelles autorités. L’ancien Premier ministre Ousmane Sonko avait fait de la dénonciation de cette dette l’un des marqueurs politiques de son passage à la Primature.

Pour obtenir un nouveau programme de financement, le Sénégal doit obtenir du conseil d’administration du FMI une dérogation au titre du « misreporting » – la qualification donnée aux déclarations erronées de données économiques transmises à l’institution par le gouvernement précédent. Selon des informations de Reuters citées par EmediaSN, le conseil d’administration ne devrait pas encore se prononcer sur cette dérogation lors des prochaines réunions. Les échanges entre Dakar et le FMI sont toutefois décrits comme progressant « dans un climat jugé positif » par des sources proches du dossier.

Un nouveau gouvernement face à son premier rendez-vous avec les créanciers

La mission du 15 juin sera le premier contact du FMI avec le gouvernement formé le 1er juin par le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô, issu d’un remaniement ayant écarté le Pastef de l’exécutif. La question de la posture du nouveau gouvernement vis-à-vis des conditions potentielles d’un accord avec l’institution reste posée. Sonko avait indiqué à la présidence de l’Assemblée nationale que ni lui ni Cheikh Diba n’avaient pris d’engagement en faveur d’une restructuration de la dette, et avoir dit demeurer « attentif à l’évolution du dossier ».

Le Sénégal avait par ailleurs mobilisé 100 milliards de francs CFA en bons du Trésor en mars 2026, et prévoyait une levée de 658 milliards de francs CFA – soit environ 1 milliard d’euros – sur les marchés financiers régionaux au deuxième trimestre, selon des informations publiées par Senego en avril. Ces opérations de financement domestique et régional ont constitué l’alternative privilégiée par le Trésor sénégalais pour honorer ses engagements en l’absence d’un programme FMI actif.

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