RDC : une nouvelle épidémie d’Ebola fait quatre morts dans l’est du pays
L’Africa CDC a déclaré une nouvelle épidémie d’Ebola en RDC, dans la province de l’Ituri, où quatre décès ont été confirmés en laboratoire sur 246 cas suspects. Cette flambée, concentrée dans des zones minières difficiles d’accès, intervient moins d’un an après une précédente épidémie au Kasaï, confirmant la vulnérabilité persistante du pays face au virus.

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L’Africa CDC, l’agence sanitaire de l’Union africaine, a déclaré vendredi 15 mai 2026 une nouvelle épidémie de maladie à virus Ebola dans la province de l’Ituri, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Quatre décès ont été attribués au virus à l’issue d’analyses en laboratoire, sur un total de 246 cas suspects dont 65 mortels. La présence du virus a été confirmée dans 13 des 20 échantillons testés à Kinshasa par l’Institut national de recherche biomédicale.
Les foyers actifs de l’épidémie sont concentrés dans les zones minières de Mongwalu et Rwampara, en province d’Ituri. Des cas suspects ont également été signalés dans la ville de Bunia, chef-lieu provincial, et sont en attente de validation en laboratoire. L’Ituri est une région fragilisée par des décennies de conflits armés impliquant des groupes armés locaux et étrangers, rendant l’accès des équipes sanitaires à certaines zones particulièrement difficile.
L’Africa CDC a annoncé la convocation d’une réunion de coordination urgente pour organiser la riposte à cette nouvelle flambée. Cette épidémie est la 17e déclarée en RDC depuis l’identification du virus pour la première fois en 1976 au Zaïre, ancien nom du pays. La maladie à virus Ebola reste souvent mortelle malgré l’existence de vaccins et de traitements, et a causé plus de 15 000 morts en Afrique au cours des cinquante dernières années.
Un pays frappé par deux épidémies distinctes en moins d’un an
Cette nouvelle flambée en Ituri survient moins de sept mois après la clôture d’une précédente épidémie qui avait sévi dans la province du Kasaï, déclarée le 4 septembre 2025. Cette épidémie kasaïenne, causée par la souche la plus virulente du virus, dite « Zaïre », avait fait 42 morts sur 64 cas confirmés au 1er octobre 2025, avec un taux de mortalité estimé à 45,7% par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Une campagne de vaccination avait alors été conduite au Kasaï à partir de mi-septembre 2025, avec l’acheminement de près de 45 000 doses par l’UNICEF.
La nouvelle épidémie en Ituri touche une province différente et géographiquement éloignée de celle du Kasaï, sans que l’Africa CDC n’ait précisé à ce stade s’il existe un lien épidémiologique entre les deux flambées. La souche impliquée dans cette 17e épidémie n’a pas encore été rendue publique au moment de la rédaction de cette dépêche.
L’est de la République démocratique du Congo constitue l’un des environnements les plus défavorables au contrôle des épidémies au monde, en raison de l’accumulation de facteurs structurels aggravants. Depuis trois décennies, la région — notamment les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri — est le théâtre de conflits armés impliquant plus de 120 groupes armés, dont le M23 soutenu par le Rwanda, qui ont détruit des infrastructures sanitaires et contraint les agents de santé à fuir certaines zones. En 2025, des hôpitaux et entrepôts humanitaires ont été directement attaqués, selon le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme.
À ces violences s’ajoutent l’extrême pauvreté, la quasi-absence de l’État dans de nombreux territoires, un système de santé chroniquement sous-financé et des déplacements massifs de populations. La province de l’Ituri, où l’épidémie actuelle est déclarée, concentre des zones minières à forte mobilité de population — facteur aggravant pour la propagation du virus Ebola — et reste partiellement sous contrôle de groupes armés comme les ADF et les CODECO. Enfin, la dégradation environnementale et la déforestation accroissent les contacts entre humains et réservoirs animaux potentiels du virus, augmentant mécaniquement le risque de nouvelles zoonoses.


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