RDC : Modeste Bahati critiqué à Kinshasa après une sortie médiatique
Modeste Bahati Lukwebo, deuxième vice-président du Sénat et chef de l’AFDC-A, a pris publiquement ses distances avec toute initiative visant à réviser la Constitution du 18 février 2006, mettant en garde les alliés de la majorité contre une telle démarche. Son intervention, relayée par la presse congolaise, a provoqué une onde de choc au sein de l’Union sacrée, où ses propos ont relancé le débat sur l’avenir institutionnel du pays.
SOMMAIRE
Opposé aux appels au « changement profond » formulés par le secrétaire permanent de l’Union sacrée, André Mbata, Bahati a rejeté l’idée d’une réécriture du texte fondamental, estimant que la difficulté résidait moins dans les lois que dans les personnes qui les appliquent. Il a par ailleurs dénoncé ceux qu’il considère comme des conseillers flatteurs, accusés de pousser le président Félix Tshisekedi vers des impasses politiques, et a affirmé que la fidélité au chef de l’État passe par la franchise et la mise en garde lorsque nécessaire.
Pour certains observateurs, cette prise de position redessine les équilibres au sein de la majorité et confirme le rôle atypique du sénateur dans l’échiquier politique congolais. En se montrant critique à l’égard d’un axe de sa propre coalition, Bahati s’est placé en marge des lignes de concertation habituelles et a attiré l’attention des médias et des partis.
La riposte ne s’est pas fait attendre : moins de vingt-quatre heures après ses déclarations, une motion de défiance a été déposée au Sénat par le sénateur Dany Kabongo. Celui-ci juge la sortie publique de Bahati comme un manque de respect envers la présidence et reproche au deuxième vice-président de ne pas avoir consulté le chef de l’État avant d’aborder un sujet aussi sensible. Kabongo accuse également Bahati d’avoir enfreint le règlement intérieur et annonce d’autres griefs à l’encontre de sa gestion.
Drame à Rubaya, nomination onusienne et gel des comptes à Kindu
Dans le territoire de Masisi (Nord‑Kivu), un glissement de terrain provoqué par des pluies intenses sur un site minier de Rubaya a fait plus de deux cents victimes, selon le ministère des Mines. La zone, actuellement sous l’emprise de la rébellion dite AFC/M23, complique sérieusement le travail des équipes de secours et rend l’accès et l’évacuation des victimes particulièrement difficiles.
Sur le plan international, le secrétaire général de l’ONU a choisi l’Américain James Swan pour diriger la Monusco, remplaçant la Guinéenne Bintou Keita. Diplomate aguerri en Afrique — ancien ambassadeur des États‑Unis en RDC entre 2013 et 2016 et récemment à la tête de la mission onusienne en Somalie —, Swan est perçu comme un profil susceptible de maintenir l’implication de Washington dans les efforts de stabilisation du pays, au moment où d’autres puissances cherchent à peser dans le choix de la direction de la mission.
Enfin, la justice congolaise a ordonné le gel des comptes bancaires de plusieurs structures rattachées à la Fondation Mapon à Kindu, une organisation liée à l’ex‑Premier ministre Augustin Matata Ponyo. Parmi les entités concernées figurent une université, des écoles et un centre hospitalier. Les motifs précis avancés par le parquet général près la cour constitutionnelle restent peu détaillés pour l’instant, mais la mesure risque d’affecter le fonctionnement quotidien de ces établissements, à la suite de la condamnation à vingt ans de travaux forcés de l’ex‑Premier ministre dans une affaire de détournement de fonds.


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