Massacre de civils au Burkina Faso par des groupes islamistes armés

Des attaques attribuées à deux groupes jihadistes ont fait plusieurs dizaines de morts civils dans le nord du Burkina Faso entre mai et août 2025, selon une enquête de Human Rights Watch. Les incidents les plus meurtriers se sont produits à Djibo (Sahel) le 11 mai, à Gorom Gorom (Sahel) le 28 juillet et à Youba (Nord) le 3 août, impliquant respectivement des combattants affiliés à JNIM et à l’État islamique au Sahel.

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L’ONG qualifie ces attaques de violations du droit international humanitaire et d’éventuels crimes de guerre, et affirme s’être entretenue avec 23 personnes — dont 14 témoins directs, des acteurs de la société civile, des magistrats, des chefs communautaires, des journalistes et des membres de milices locales — pour reconstituer les faits. Les assauts ont visé des civils, des convois humanitaires et des infrastructures médicales et commerçantes, selon les témoignages recueillis et l’analyse d’images satellite.

Human Rights Watch souligne aussi le contexte de l’insurrection qui secoue le pays depuis 2016 et les conséquences sur les populations : déplacements massifs, blocus de localités et représailles. L’ONG demande aux autorités burkinabè de renforcer la protection des civils, d’ouvrir des enquêtes impartiales sur les exactions — y compris celles attribuées aux forces armées et aux milices alliées — et de poursuivre équitablement les responsables.

Détails des attaques, victimes et enquêtes

Le 11 mai à Djibo, selon plusieurs témoins, des centaines de combattants de JNIM ont attaqué la ville et débordé une base militaire. Les récits décrivent des incursions dans des quartiers résidentiels, des exécutions sommaires d’habitants et des incendies de commerces et d’un établissement de santé. Des résidents ont fourni une liste de 26 civils tués dans la ville — hommes, femmes et personnes âgées — dont une proportion importante appartenait à la grande famille Tamboura, ciblée selon les habitants pour des liens supposés avec des volontaires d’autodéfense (VDP).

Le 3 août à Youba, des combattants de JNIM sont entrés dans le village à moto et à bord d’un pick-up armé, ont incendié des boutiques et abattu au moins 14 civils, dont une femme et quatre enfants. Des témoins affirment que l’attaque visait à punir des habitants qui avaient enfreint un ordre prohibant certaines cultures hautes — mil, maïs — que les groupes armés estiment gêner leurs opérations. Des VDP présents sur place ont été dépassés par l’attaque et, selon des résidents, se sont repliés.

Le 28 juillet, un convoi humanitaire composé d’environ 100 camions civils escortés par des soldats burkinabè et des VDP a été attaqué près de Balliata alors qu’il acheminait vivres et approvisionnements vers la ville assiégée de Gorom Gorom. Des témoins ont décrit une embuscade suivie de tirs soutenus ; au moins neuf civils ont été tués et plusieurs camions incendiés. Des sources identifient les auteurs comme des éléments de l’État islamique au Sahel, qui a mené des opérations similaires dans la région.

Sur le plan judiciaire, le Burkina Faso dispose depuis 2017 d’un pôle spécialisé pour les crimes liés au terrorisme, mais Human Rights Watch indique que ce mécanisme manque de moyens humains et financiers et progresse lentement dans les enquêtes. L’ONG écrit également avoir adressé le 21 août des questions aux ministères de la Justice et de la Défense sans obtenir de réponse. Le gouvernement n’a pas répondu aux demandes de précisions formulées par Human Rights Watch.

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23:59 Le titre source ne mentionne pas de célébrité — pouvez-vous préciser le nom de la personnalité concernée ou fournir le titre complet pour que je génère les trois options et choisisse la meilleure ?
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