Le Bénin adapte les règles d’achat du CHIC et de Sèmè City pour accélérer leurs projets stratégiques
Le gouvernement béninois a officialisé une évolution majeure dans la gestion des achats publics concernant deux de ses institutions stratégiques.


Par les décrets n° 2026-060 et n° 2026-062, l’exécutif instaure des procédures spécifiques pour le Centre Hospitalier International de Calavi et la Fondation Sèmè City, dérogeant à certaines dispositions du Code des marchés publics afin de réduire les délais d’exécution.
Cette réforme, révélée par La Marina BJ, marque une inflexion assumée dans la gouvernance de ces deux structures à forte valeur stratégique. Elle répond à des impératifs distincts mais convergents. D’un côté, la nécessité de garantir une réactivité maximale face aux exigences de la prise en charge médicale de haut niveau.
De l’autre, l’urgence de préserver la dynamique d’innovation, de recherche et de formation portée par Sèmè City.
Dans les deux cas, les autorités justifient ces aménagements par la spécificité des missions confiées à ces institutions.
Les nouveaux textes leur attribuent des manuels de procédures autonomes, conçus pour mieux s’adapter à leurs contraintes opérationnelles. Pour le CHIC, cela se traduit notamment par la possibilité de s’affranchir de l’utilisation systématique du système SYCOREF et du répertoire des prix de référence, ainsi que par l’introduction de mécanismes de paiement plus souples, incluant, sous conditions strictes, le prépaiement intégral sans caution bancaire.
À Sèmè City, l’assouplissement des règles contractuelles est étendu aux délégataires et sous-traitants. L’objectif affiché est clair : éviter que les lourdeurs administratives ne freinent la mise en œuvre des projets de recherche, d’innovation technologique et de formation avancée.
La réforme s’accompagne également d’un relèvement significatif des seuils de passation. Le CHIC peut désormais engager des dépenses jusqu’à 150 millions de francs CFA hors taxes sur simple facture, tandis que le seuil de dispense applicable à Sèmè City est fixé à 50 millions de francs CFA.
Au-delà, des procédures allégées de consultation directe ou de mise en concurrence restreinte sont prévues afin de raccourcir les circuits décisionnels.
Pour autant, le gouvernement affirme ne pas sacrifier l’exigence de transparence. Le dispositif prévoit un double niveau de contrôle. En interne, des comités spécifiques, incluant des représentants de la Présidence de la République et du ministère chargé des Finances, sont chargés de valider les décisions les plus sensibles, notamment les marchés de gré à gré.
En externe, la Direction nationale de contrôle des marchés publics conserve un pouvoir de supervision renforcé, avec des audits annuels a posteriori dont les conclusions sont transmises aux autorités compétentes, y compris au Chef de l’État.
À travers cette gestion différenciée, l’exécutif béninois assume un choix stratégique : donner aux institutions clés les moyens d’agir rapidement, tout en maintenant un cadre strict de reddition de comptes pour préserver les ressources publiques.



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