Guinée-Bissau : le projet de Constitution renforçant les pouvoirs du président ne fait pas l’unanimité

La nouvelle Constitution de la Guinée-Bissau sera soumise à référendum le 30 août, avant l’élection présidentielle annoncée pour le 6 décembre. Présenté par les autorités de transition comme un moyen de réduire les blocages institutionnels, le texte prévoit surtout un renforcement sensible des prérogatives du chef de l’État.

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Guinée-Bissau
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À Bissau, le projet constitutionnel a été présenté le 12 août devant des dirigeants politiques, des diplomates et des représentants de la société civile. Le Conseil national de la Transition affirme que le texte doit « clarifier les équilibres du pouvoir » et prévenir les crises entre l’exécutif et le Parlement.

Le projet remplace le régime semi-parlementaire par un régime présidentiel plus centralisé. Le président pourrait nommer et révoquer le Premier ministre sans être tenu de respecter la majorité issue des élections législatives. L’Assemblée nationale ne disposerait pas de pouvoir de validation sur ces décisions.

Le chef de l’État pourrait également dissoudre le Parlement en cas de « crise politique profonde ». Il aurait par ailleurs la possibilité de mettre fin aux fonctions du gouvernement si celui-ci n’applique pas son programme.

Un Parlement réduit et des restrictions pour les petits partis

La réforme prévoit de ramener le nombre de députés de 102 à 65. Elle introduit aussi un seuil électoral de 4 % des voix aux législatives, en dessous duquel les plus petits partis pourraient être dissous.

La durée du mandat présidentiel resterait fixée à cinq ans, avec une seule possibilité de renouvellement. Sur ce point, le projet ne modifie donc pas les règles actuelles présentées par les autorités de transition.

Une partie de la classe politique et de la société civile dénonce toutefois un processus imposé par un pouvoir non élu. Ces acteurs contestent notamment la légitimité d’une réforme constitutionnelle élaborée pendant la période de transition et soumise à référendum avant le retour annoncé aux institutions civiles.

Un référendum avant la présidentielle

La Guinée-Bissau est dirigée par des militaires depuis le 26 novembre 2025, date à laquelle le processus électoral a été suspendu à la veille de la publication attendue des résultats provisoires de l’élection présidentielle et des législatives. Le président sortant, Umaro Sissoco Embalo, a été renversé lors de cette prise de pouvoir.

Le général N’Tam, présenté comme proche de l’ancien chef de l’État, a ensuite été désigné pour conduire une transition d’un an. Le calendrier annoncé prévoit le référendum constitutionnel du 30 août, puis une élection présidentielle le 6 décembre.

Après le renversement du président, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest et l’Union africaine ont suspendu la Guinée-Bissau de leurs instances. Le texte soumis aux électeurs doit désormais déterminer le cadre institutionnel dans lequel se déroulera la prochaine présidentielle.

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