États-Unis : le rapprochement Jeff Bezos-Donald Trump affecte le Washington Post

Le Washington Post, lauréat de 76 prix Pulitzer, fait face à une période critique. Le 4 février, la direction du quotidien a annoncé une vague importante de licenciements.

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<span>Ahmed Newton Barry.</span> <span>© Anthony Ravera / Studio graphique FMM</span>
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Matt Murray, directeur exécutif du titre, a présenté cette décision comme une restructuration visant à moderniser une organisation « trop ancrée dans une autre époque », selon ses mots rapportés par la rédaction. Près de 300 suppressions de postes ont été annoncées sur un effectif d’environ 800 salariés.

Le syndicat qui représente les journalistes du quotidien a qualifié l’opération d’exemple extrême, estimant que la manœuvre risquait de porter atteinte à la marque du journal. Plusieurs voix au sein de la rédaction ont également exprimé leur inquiétude sur l’avenir du titre.

Liens avec la propriété et conséquences éditoriales

Propriété de Jeff Bezos depuis 2013, le Washington Post connaissait une situation financière et éditoriale jugée stable jusqu’à la dernière présidentielle américaine. Après la réélection de Donald Trump, des tensions se sont manifestées autour des choix du propriétaire, notamment lorsqu’il a interdit au journal de soutenir la candidature de Kamala Harris en 2024, rompant avec une tradition d’appuis en faveur de candidats démocrates.

Cette décision a entraîné une décroissance des abonnements, chiffrée à environ 250 000 abonnés perdus, et contribué à une perte financière enregistrée à hauteur de 85 millions d’euros en 2024. Des départs de journalistes, dont certains parmi les plus expérimentés, ont été rapportés, ces derniers dénonçant des pratiques visant selon eux à séduire Donald Trump.

Le syndicat Post Guild a mis en garde contre les effets d’un dépouillement massif de la rédaction, estimant qu’une telle opération ne resterait pas sans conséquences sur la crédibilité, l’influence et les perspectives du journal.

Plus largement, depuis l’investiture de Donald Trump en janvier 2025, des mesures dirigées contre la presse ont été relevées : recours à des actions judiciaires, fermetures de médias (la Voix de l’Amérique est citée en exemple), restrictions d’accès à certains lieux gouvernementaux comme la Maison Blanche et des tribunaux traitant des dossiers d’immigration, ainsi que des limitations de visas pour des journalistes étrangers.

Associated Press a fait l’objet d’une exclusion temporaire de la Maison Blanche liée à un désaccord sur une question de terminologie. Par ailleurs, Reporters sans frontières a classé les États-Unis au 57e rang sur 180 pour la liberté de la presse en 2025.

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