États-Unis : Donald Trump riposte avec une nouvelle taxe mondiale de 10%
La plus haute juridiction américaine a infligé, le vendredi 20 février 2026, un coup dur à la politique commerciale du président Donald Trump en jugeant illégale une grande partie des surtaxes douanières qu’il avait mises en place depuis son retour à la Maison-Blanche. La décision, très commentée à travers le monde, ouvre une période d’incertitude où les répercussions économiques et politiques risquent d’être profondes.

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Sur le plan financier, l’addition potentielle est colossale : plusieurs estimations évoquent des remboursements se chiffrant à plusieurs dizaines de milliards de dollars, certains scénarios dépassant même la barre des 170 milliards. Avant le prononcé de la Cour, plus d’un millier d’entreprises avaient déjà saisi la justice commerciale pour réclamer des restitutions, et près de 300 000 importateurs avaient acquitté les nouvelles taxes avant la fin de l’année précédente, ce qui rendra la procédure de remboursement particulièrement lourde et complexe.
La décision de la Cour suprême n’a pas fixé les modalités pratiques ni les échéances pour ces remboursements : elle a renvoyé ces points aux juridictions inférieures, lançant ainsi une série de contentieux qui pourraient durer des années et mobiliser les tribunaux fédéraux. Pour les entreprises, l’administration et les partenaires commerciaux, cela signifie une période de procédures, d’actions en justice et d’incertitudes réglementaires.
Les marchés ont rapidement pris acte : le dollar a enregistré un retrait face aux principales devises, tandis que les places financières européennes ont globalement progressé. Les analystes soulignent que la perspective de remboursements massifs et d’une possible émission de dette supplémentaire pèse sur les anticipations, même si une partie de ces mouvements avait déjà été intégrée par les investisseurs.
Réactions politiques et internationales
Aux États-Unis, la rupture provoquée par l’arrêt met en lumière des désaccords au sein même du camp républicain. Plusieurs ténors du parti, conscients que la question des droits de douane divise, ont souligné que le pouvoir de taxer le commerce revient au Congrès, pas au seul président. Des élus comme le chef de la majorité au Sénat ont rappelé qu’une réforme durable passerait par l’acceptation des représentants du peuple plutôt que par des mesures exécutives unilatérales.
Donald Trump n’a pas accepté le verdict et a dénoncé la décision en des termes virulents, tout en annonçant vouloir recourir à d’autres instruments juridiques pour maintenir des protections tarifaires. L’entourage présidentiel évoque des « plans B et C » pour continuer à imposer des droits de douane, et le président a par ailleurs déclaré avoir signé un décret instaurant une taxe douanière mondiale de 10 %, mesure destinée à entrer en vigueur rapidement selon ses déclarations.
Au plan international, la Maison-Blanche a précisé que certains pays liés par des accords commerciaux verraient la surtaxe ramenée à 10 % pour une période temporaire, alors que certaines capitales, comme Berlin, ont salué la décision comme un signal en faveur d’un commerce réglé par des normes plutôt que par des initiatives unilatérales. Le patronat allemand a estimé que la Cour réaffirme l’importance d’un cadre multilatéral et prévisible.
En Europe, le président français Emmanuel Macron a salué le fonctionnement des contre-pouvoirs et rappelé la nécessité de règles loyales pour l’accès aux marchés, lors de son déplacement au Salon de l’agriculture. Pour la France comme pour d’autres partenaires, l’enjeu est désormais d’éviter une escalade et de restaurer un climat de confiance commerciale.
Plusieurs pays directement concernés ont réagi avec prudence. Le Mexique a dit vouloir mesurer précisément l’impact d’une taxe mondiale de 10 % sur ses exportations vers les États-Unis, alors que le ministre de l’Économie a rappelé l’importance des accords de libre-échange qui exonèrent déjà une grande part des flux. En Afrique, la décision change peu la donne à l’échelle du continent — seuls quelques pourcents des exportations africaines sont destinés aux États-Unis — mais elle représente une bonne nouvelle pour des pays comme l’Afrique du Sud, qui avaient été lourdement frappés par des surtaxes sectorielles.
Sur le plan politique intérieur, certains responsables démocrates et leaders locaux ont exigé réparation pour les consommateurs et les entreprises pénalisés par les surtaxes. Le gouverneur de Californie a appelé l’administration à rembourser les familles et les sociétés affectées, estimant que chaque dollar perçu illégalement devait être restitué, intérêt inclus.
Des économistes et observateurs institutionnels ont interprété la décision comme une démonstration de l’indépendance de la Cour suprême et de la vigueur des garde-fous constitutionnels. Pour certains spécialistes des relations internationales et du commerce, le verdict renforce l’idée que toute réforme durable des règles tarifaires devra passer par le législatif et par des accords négociés, plutôt que par des décrets présidentiels.
Enfin, des voix d’experts rappellent que, malgré ce revers judiciaire, l’exécutif conserve d’autres leviers et qu’il est probable que l’administration explore des mécanismes alternatifs pour maintenir une forme de protection industrielle. Le bras de fer légal et politique qui s’ouvre laisse présager une période riche en contestations et en adaptations réglementaires.

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