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Côte d’Ivoire : Rémy Rioux pressenti à l’ambassade de France, un choix qui fait déjà parler à Abidjan

Rémy Rioux, ancien directeur général de l’Agence française de développement, est pressenti pour devenir le prochain ambassadeur de France en Côte d’Ivoire, selon Africa Intelligence. Ce choix, encore soumis à l’agrément des autorités ivoiriennes, intervient alors qu’Abidjan s’impose comme le principal point d’appui de Paris en Afrique de l’Ouest et que le PDCI traverse une crise interne persistante.

DIPLOMATIE
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Rémy Rioux
Rémy Rioux PH: DR
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Le profil du directeur général sortant de l’Agence française de développement (AFD), Rémy Rioux, devrait être proposé aux autorités ivoiriennes pour succéder à Jean-Christophe Belliard à la tête de l’ambassade de France à Abidjan, selon Africa Intelligence. Sa candidature aurait été validée par le président Emmanuel Macron, bien que la demande d’agrément n’ait pas encore été officiellement transmise à Yamoussoukro. Selon le même journal spécialisé, la prise de fonction n’interviendrait pas avant septembre 2026. Belliard est en poste depuis 2020.

Rémy Rioux a quitté la direction générale de l’AFD qu’il occupait depuis 2016, après qu’un successeur a été nommé à la tête de l’institution en avril 2026. Sa visite d’adieu au Premier ministre ivoirien Robert Beugré Mambé, le 1er avril à Abidjan, avait déjà été lue comme un signal. « Nous avons été très fiers d’avoir apporté cette contribution, au vu des résultats obtenus, au moment de quitter nos fonctions à la tête de l’AFD », avait-il déclaré à cette occasion selon l’Agence ivoirienne de presse. L’AFD gère un portefeuille d’environ 3 milliards d’euros en Côte d’Ivoire et accompagne près de 70 projets de développement dans le pays.

Énarque, proche de Macron et ancien directeur de cabinet de l’ex-ministre socialiste de l’Économie Pierre Moscovici, Rioux est décrit par Africa Intelligence comme familier d’Alassane Ouattara. Son nom avait été évoqué pour la présidence de la Cour des comptes française avant que cette option ne soit abandonnée. Si sa nomination à Abidjan se confirme, ce serait celle d’un non-diplomate de formation à l’un des postes africains les plus stratégiques du réseau diplomatique français, une pratique assumée par Macron, qui a supprimé le corps des diplomates sous son mandat.

Paris mise sur Abidjan comme point d’appui en Afrique de l’Ouest

Le choix d’un profil issu du monde du développement pour l’ambassade d’Abidjan est cohérent avec la stratégie française en Afrique de l’Ouest depuis le retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger. La Côte d’Ivoire est devenue le principal point d’ancrage de la présence française dans la région. Dans ce contexte, la nomination d’un grand connaisseur des dossiers de financement et d’infrastructures envoie un signal sur les priorités de Paris : préserver et développer les intérêts économiques franco-ivoiriens à un moment où l’influence française recule ailleurs dans la sous-région.

La figure de Rémy Rioux n’est cependant pas vierge de l’histoire ivoirienne récente. Dans son livre coécrit avec le journaliste François Mattei, l’ex-président Laurent Gbagbo l’avait désigné comme « la cheville ouvrière » des mesures de restriction financière mises en oeuvre via la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) pendant la crise post-électorale de 2010-2011, lorsqu’il était sous-directeur aux affaires internationales du Trésor français. Gbagbo écrivait que ces actions visaient à « asphyxier financièrement » son gouvernement. Rioux exécutait alors les instructions de l’Élysée sous Nicolas Sarkozy.

Crise interne persistante au PDCI

Sur le plan intérieur, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) traverse depuis plusieurs mois une crise de gouvernance interne. Quatre députés – N’Gouan Jérémie Alfred (Aboisso), Alain Adja (Port-Bouët), Eliane N’Zi et Athanase Kouamé (Bocanda) – ont suspendu leur participation au groupe parlementaire en mars 2026, s’en prenant publiquement au président du groupe parlementaire, Me Jean Chrysostome Blessy, accusé de prendre des décisions sans concertation. Une dizaine d’autres élus seraient susceptibles de faire de même selon des sources proches du dossier.

La crise s’articule autour de l’absence prolongée du président du parti, Tidjane Thiam, resté en France depuis des mois. Ancien dirigeant de Credit Suisse, Thiam avait pris la tête du PDCI après la mort d’Henri Konan Bédié et s’était positionné comme candidat à la présidentielle d’octobre 2025 – une candidature qui s’est finalement heurtée à des obstacles juridiques. Le PDCI n’avait pas présenté de candidat à ce scrutin, stratégie que les députés frondeurs jugent responsable de l’affaiblissement actuel du parti. Le groupe parlementaire PDCI a perdu la moitié de ses membres entre les élections de 2021 et celles de décembre 2025 selon Afrik Soir.

La direction du parti a réagi en mars en rappelant la chaîne de commandement, par la voix de sa secrétaire exécutive adjointe Geneviève Manoua.

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