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Contentieux des communales 2026: la Cour suprême boucle 211 recours en cinq semaines, un record historique

En un peu plus d’un mois, le juge électoral a vidé l’ensemble du contentieux né des élections communales du 11 janvier 2026. Une performance inédite qui stabilise le jeu politique local, tout en relançant le débat sur le calendrier d’installation des élus.

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Décentralisation Ph: BWT
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Le marathon judiciaire consécutif aux élections communales du 11 janvier 2026 est officiellement terminé. Alors que le Code électoral prévoit un délai pouvant aller jusqu’à six mois pour statuer sur les recours, la Cour suprême a, cette fois, fait mentir les délais théoriques. En cinq semaines seulement, l’ensemble des 211 dossiers enregistrés ont été examinés et jugés.

Depuis le 6 mars, aucun recours n’était encore pendant devant la haute juridiction. Une célérité rarement observée dans l’histoire électorale béninoise, qui marque un tournant dans la gestion du contentieux local.

Une activité juridictionnelle intense

Pour atteindre ce résultat, la chambre administrative de la Cour suprême a tenu 32 audiences électorales. Sur les 211 recours introduits, 181 ont donné lieu à des arrêts, illustrant la diversité des contestations portées devant le juge.

Dans le détail, les magistrats ont prononcé 102 rejets, 44 irrecevabilités, 14 arrêts de réformation ou d’annulation, ainsi que 14 désistements. À cela s’ajoutent deux invalidations de sièges, trois décisions sans objet, un arrêt de rectification et un non-lieu à statuer. Une charge de travail exceptionnelle, traitée dans des délais très inférieurs au plafond légal.

Des disparités territoriales marquées

La cartographie des recours met en évidence des écarts significatifs entre départements. L’Ouémé apparaît comme la zone la plus litigieuse, concentrant le plus grand nombre de contestations. À l’inverse, l’Alibori se distingue par une faible conflictualité électorale.

Ce traitement exhaustif du contentieux en un peu plus d’un mois constitue un record depuis les premières élections communales de 2002, surpassant toutes les précédentes éditions.

Si la performance de la Cour suprême est unanimement saluée, elle met aussi en lumière une fragilité structurelle du dispositif électoral. Le cas récent de la commune de Lalo en fournit une illustration concrète : un maire y a été installé avant la décision définitive du juge électoral.

La réformation ultérieure des résultats a inversé la majorité communale, entraînant le remplacement d’un exécutif déjà en fonction.
Cette situation relance le débat sur la synchronisation entre justice électorale et installation des élus.

Àinsi, en 2026, la Cour suprême a démontré que la justice électorale peut être rapide. Il appartient désormais à la loi d’en tirer toutes les conséquences, afin que les communes cessent d’être gouvernées sous la menace permanente d’un retournement juridictionnel.

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