Centrafrique : la grève des informaticiens de l’ANE retarde la publication des résultats des législatives
L’Autorité nationale des élections (ANE) de République centrafricaine n’a pas publié dans les délais prévus les résultats provisoires du second tour des élections législatives du 26 avril, en raison d’un mouvement social déclenché au sein de son centre de traitement des données.

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Selon des sources internes citées par la presse régionale, les informaticiens chargés de la consolidation des procès-verbaux remontés des bureaux de vote ont suspendu leurs activités pour réclamer le versement de deux mois d’arriérés de salaire. Cette grève paralyse une chaîne logistique sensible et empêche la centralisation des résultats. Les autorités électorales n’ont pas communiqué officiellement sur le report ni fixé une nouvelle date de proclamation.
Le calendrier initial, fixé en concertation avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), partenaire technique du processus, prévoyait l’annonce des résultats provisoires le 4 mai et la publication des résultats définitifs le 23 juin. Le second tour de scrutin a porté sur 86 candidats en lice dans 43 circonscriptions, accompagné d’élections partielles aux niveaux régional et municipal.
L’incertitude sur les résultats du second tour intervient alors que la 8e législature a officiellement pris ses fonctions le 4 mai à l’hémicycle de l’Assemblée nationale à Bangui. La session extraordinaire de deux semaines a installé 90 députés déjà élus à l’issue du premier tour, dans l’attente des 54 autres qui doivent compléter la chambre après publication des résultats du 26 avril.
Les élus ont également pour mandat de constituer le bureau exécutif de l’Assemblée, les commissions permanentes et les groupes parlementaires. La nouvelle législature siège pour un mandat de sept ans, conformément à la Constitution adoptée le 30 août 2023.
Un cycle électoral sous tension
Les élections législatives s’inscrivent dans le prolongement du scrutin général du 28 décembre 2025, qui combinait pour la première fois élections présidentielle, législatives, régionales et municipales. Le président Faustin-Archange Touadéra, au pouvoir depuis 2016, a été reconduit à l’issue de ce vote présidentiel, dont les résultats provisoires avaient été proclamés le 5 janvier.
La Constitution de 2023 a prolongé la durée du mandat présidentiel de cinq à sept ans et supprimé la limite du nombre de mandats, permettant à M. Touadéra de se présenter sans contrainte. Le scrutin a été marqué par la candidature d’Anicet-Georges Dologuélé pour l’Union pour le renouveau centrafricain (URCA), qui avait dû renoncer à sa nationalité française pour se conformer à la nouvelle disposition constitutionnelle interdisant la double nationalité aux candidats.
Le processus électoral a bénéficié de l’appui logistique du PNUD à travers le Projet d’appui au processus électoral en Centrafrique (PAPEC), avec le soutien financier du Japon, du Fonds des Nations unies pour la consolidation de la paix, de la Norvège et de l’Allemagne. La MINUSCA, mission onusienne de maintien de la paix présente dans le pays depuis 2014, a apporté un soutien sécuritaire à l’acheminement du matériel électoral.
La crise salariale au sein de l’ANE expose la fragilité administrative et financière qui pèse sur la consolidation institutionnelle du pays, alors que les autorités centrafricaines doivent encore mettre en place le gouvernement de la nouvelle République, dont la composition reste à fixer après la prestation de serment du chef de l’État au stade des Vingt-Mille places.



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