Cameroun : l’ONU demande la libération de Marafa Hamidou Yaya, détenu depuis 14 ans
Un avis rendu le 12 mars 2026 par le Comité des droits de l’homme des Nations unies, basé à Genève, concerne la situation de Marafa Hamidou Yaya, ancien secrétaire général à la présidence du Cameroun. Condamné en 2012 pour complicité de détournement de fonds publics, il est détenu à Yaoundé depuis treize à quatorze ans ; sa requête initiale auprès de l’ONU date de 2020 et a été complétée en 2025.

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Selon le Comité, plusieurs garanties fondamentales ont été méconnues : la légalité de l’arrestation, les conditions de détention et les droits liés à un procès équitable. Ces manquements sont examinés au regard du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, auquel le Cameroun est partie.
L’instance onusienne, dont les avis n’imposent pas d’obligations directes mais pèsent moralement et diplomatiquement, estime néanmoins que les atteintes constatées appellent des réparations. Elle recommande la remise en liberté de M. Marafa et réclame également une compensation prenant en compte les conséquences sur sa santé physique et psychique.
La défense du principal intéressé avance depuis longtemps que sa condamnation répond à des motifs politiques. Âgé de 74 ans, il déclare avoir perdu l’usage de l’œil droit et redoute pour la vision de l’autre œil.
Yaoundé rappelle l’autorité des décisions judiciaires
Interrogée, une source proche du pouvoir à Yaoundé a fait valoir que la condamnation de Marafa Hamidou Yaya a été confirmée par la Cour suprême et que l’exécutif ne peut se soustraire aux décisions rendues par les juridictions nationales.
Le Comité des droits de l’homme rappelle aussi qu’en 2016 le groupe de travail des Nations unies avait déjà qualifié cette détention « d’arbitraire ». Dans son avis du 12 mars 2026, il déplore en outre l’absence de réponses « en temps utile » de la part des autorités camerounaises aux demandes d’information adressées en 2023 et 2025.
Les experts onusiens demandent au Cameroun de communiquer, dans un délai de 180 jours à compter de la date de l’avis — soit jusqu’au 8 septembre 2026 —, les mesures prises pour appliquer leurs conclusions, et les invitent à rendre publiques ces observations dans les langues officielles du pays.



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