Burkina : la BCEAO augmente l’émission de billets face à une hausse de 27 % de la circulation fiduciaire
La direction nationale de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a réuni, le 19 mars 2026 à Ouagadougou, le Conseil national du crédit pour un état des lieux de la situation économique, monétaire et financière du pays, avec un focus sur la circulation fiduciaire où la demande de billets et de pièces atteint des niveaux inédits entraînant des injections massives de liquidités.

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Au cours de cette session, le directeur national de la BCEAO, Armand Badiel, a présenté des chiffres qui retracent une tendance de fond depuis plusieurs années. Selon ses explications, la croissance de la demande en monnaie fiduciaire est passée d’un rythme initial de 12 à 14 % à une fourchette de 17 à 18 % entre 2014 et 2022, pour s’établir désormais à près de 27 % depuis 2023. Il a rappelé que « plus la production est importante, plus les besoins en liquidités pour les transactions augmentent », soulignant le lien direct entre activité économique et flux de billets en circulation.
La dynamique du secteur aurifère a occupé une place centrale dans les échanges. Le responsable a indiqué que la production nationale d’or a connu une forte progression, passant d’environ 22 tonnes à près de 100 tonnes. Une part importante de cette production, issue principalement de l’exploitation artisanale et semi-industrielle, est acquise en espèces par les acheteurs locaux. Pour l’année en cours, environ 54 tonnes ont ainsi été collectées en numéraire, générant des montants considérables nécessitant une mise à disposition accrue de billets et de pièces.
Adaptation du dispositif monétaire et enjeux logistiques
Face à cette montée de la demande en liquidités, la BCEAO affirme avoir ajusté son dispositif opérationnel. L’institution a augmenté sensiblement l’émission de billets neufs afin de répondre aux besoins du marché, en insistant sur l’importance d’assurer un approvisionnement régulier en petites coupures, très sollicitées dans les transactions quotidiennes et sur les marchés locaux. Armand Badiel a également pointé la persistance d’une préférence pour les paiements en espèces parmi les populations : « Les Burkinabè continuent de faire confiance aux billets », a-t-il indiqué.
Les responsables du Conseil national du crédit ont abordé les contraintes inhérentes à cette politique d’approvisionnement : le coût de production des billets et des pièces, les frais logistiques liés à leur mise en circulation, ainsi que la nécessité de coordonner leur distribution avec les banques commerciales et les services de trésorerie. La BCEAO a par ailleurs souligné l’importance de cibler la disponibilité des petites coupures, indispensables pour les échanges de proximité et les paiements de faible montant.
Pour absorber l’augmentation de la demande en numéraire, l’institution a procédé à d’importantes émissions de billets neufs. En un an, plus de 1 156 milliards de francs CFA de billets neufs ont été injectés, soit une hausse de 80 %.



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