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Tunisie : la militante antiraciste Saadia Mosbah condamnée à huit ans de prison

La militante tunisienne Saadia Mosbah a été condamnée, jeudi 19 mars 2026, à huit ans de prison assortis d’une amende de 100 000 dinars (environ 30 000 euros). Le détail du jugement n’a pas encore été communiqué aux avocats, ce qui laisse flou les motifs précis retenus par la cour, même si l’affaire repose officiellement sur des accusations liées à des détournements et au blanchiment d’argent.

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En Tunisie, la militante antiraciste Saadia Mosbah condamnée à huit ans de prison
<span>La militante antiraciste Saadia Mosbah lors d'une visite d'un camp de migrants venus d'Afrique sub-saharienne, à Tunis, le 7 mars 2023.</span> <span>AFP - FETHI BELAID</span>
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Âgée de 66 ans, Saadia Mosbah était détenue depuis presque deux ans au moment du prononcé. Sa famille, et en particulier sa sœur Affet, évoque une situation dramatique pour la militante : selon elle, il faut rassurer les soutiens et garder le moral, car Saadia « tient bon » malgré la détention.

Avant son incarcération, Mosbah s’était illustrée dans la défense des personnes migrantes et des populations noires en Tunisie. Elle a notamment pris part à la formulation de la loi tunisienne contre la discrimination raciale adoptée en 2018, un engagement qui lui a valu des soutiens mais aussi des adversaires dans l’espace public et politique.

Sa montée en première ligne pour protéger les migrants subsahariens s’est accentuée après les déclarations controversées du président Kaïs Saïed en février 2023, où il dénonçait l’arrivée supposée de « hordes » de migrants et l’existence d’un complot visant à modifier la composition démographique du pays.

Un nouveau revers pour les organisations de défense des droits

Pour plusieurs acteurs de la société civile, le verdict marque un signal inquiétant. Me Hela Ben Salem, citée par l’agence de presse, a qualifié la décision de « surprenante » et y voit surtout une mise en garde implicite : l’activité associative serait désormais perçue comme suspecte par les autorités en place.

Le procès de jeudi a concerné également des membres de l’association Mnemty, créée par Mosbah. Parmi eux, le fils de la militante, Fares, a été condamné à trois ans de prison ferme, une autre militante a reçu une peine de deux ans, tandis que trois personnes ont obtenu un non-lieu.

Sur place devant le tribunal, des défenseurs des droits humains ont dénoncé l’absence d’éléments probants et exigé la remise en liberté de Saadia Mosbah, estimant que le dossier ne justifie pas de telles sanctions contre des acteurs engagés pour les migrants et contre le racisme.

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