Image Celtiis
Image Celtiis

RDC : on en sait un peu plus sur le calendrier de l’accord migratoire avec les États-Unis

Le 5 avril 2026, Kinshasa a rendu public un dispositif temporaire destiné à accueillir des personnes expulsées depuis les États-Unis. Le communiqué gouvernemental expose les grandes lignes de cette mesure ; des sources officielles interrogées par RFI ont fourni des précisions sur le calendrier, la durée des séjours, la logique de l’accord et les réponses apportées aux ONG. Pour l’instant, ces éléments constituent la version la plus complète accessible au public.

DIPLOMATIE
275 vues
RDC: un médecin devant la justice pour avoir tabassé une patiente après un accouchement
<span>[Image d'illustration] Vue d'ensemble des bâtiments de la ville de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, depuis le fleuve Congo le 7 novembre 2025.</span> <span>AFP - GLODY MURHABAZI</span>
4 min de lecture
Google News Commenter

SOMMAIRE

Pigier Cisco

Les autorités n’ont communiqué aucun chiffre précis. Elles décrivent toutefois l’opération comme volontairement restreinte, mise en œuvre progressivement et strictement encadrée, chaque situation devant être traitée individuellement. Selon ces sources, les paramètres opérationnels ont été délibérément limités.

Un rapport sénatorial américain, cité pour d’autres pays partenaires, donne des ordres de grandeur mais il n’existe pas d’équivalent public pour la République démocratique du Congo. L’absence de données chiffrées empêche de juger de l’ampleur réelle du dispositif congolais.

Les responsables congolais indiquent que la présence des personnes accueillies sera temporaire, en attente d’un retour vers leur pays d’origine. Pour les situations les plus longues, les séjours pourraient atteindre trois à six mois, et l’ensemble du mécanisme serait prévu pour durer « environ une année ». Toutefois, l’organisation des retours internationaux peut se heurter à des refus des États d’origine ou à des obstacles sécuritaires.

Modalités annoncées, contreparties et réactions

Les premières arrivées sont envisagées avant la fin avril 2026, selon les mêmes sources. Le déploiement doit se faire « de manière progressive, organisée et maîtrisée », avec la possibilité pour les autorités de modifier, d’ajuster ou d’interrompre le dispositif si les conditions ne sont plus réunies. Aucune procédure détaillée de mise en œuvre de cette faculté d’arrêt n’a été rendue publique.

Interrogés sur les avantages pour la RDC, les responsables parlent d’un « devoir de solidarité » et d’un renforcement des capacités, notamment en matière de sécurité intérieure. Ils assurent également que le Trésor public ne sera pas sollicité, sans expliciter si d’autres formes d’aide ou de financement sont envisagées ni en quoi consisterait concrètement le renforcement promis.

Le gouvernement affirme que l’opération ne répond pas à une logique commerciale et qu’elle se déroulera avec l’appui d’organisations internationales pour garantir le respect des droits fondamentaux. Il invoque plusieurs instruments juridiques internationaux, dont la Convention de Genève de 1951, son protocole de 1967 et la Convention contre la torture de 1984, sans pour autant préciser les procédures pratiques permettant de traduire ces engagements sur le terrain.

Des acteurs de la société civile mettent en garde : le principe de non‑refoulement interdit de renvoyer une personne vers un État où sa vie ou sa liberté serait menacée, et ce principe reste central lorsque des transferts vers des pays tiers sont envisagés. Ils soulignent que certaines personnes visées par la politique américaine ne peuvent retourner dans leur pays d’origine pour des raisons de protection, ce qui complique la gestion des dossiers.

Dans un contexte plus large, l’administration américaine développe depuis plusieurs mois une pratique d’expulsions vers des pays tiers — des États qui ne sont pas nécessairement le pays de naissance des personnes expulsées — afin d’éviter des renvois directs susceptibles de contrevenir au non‑refoulement. Un rapport sénatorial de février 2026 évoque une centaine de transferts (environ 300 pour l’ensemble des cas évoqués dans le document) et des dépenses dépassant les 40 millions de dollars pour ces opérations, ainsi que des paiements vers certains gouvernements africains.

Plusieurs ONG ont signalé, dans certains pays, des placements en centres de détention à l’arrivée. Les réactions des États africains varient : le Ghana a reconnu l’accueil d’un groupe en 2025 tout en niant avoir perçu des compensations, l’Ouganda a annoncé début avril 2026 l’arrivée d’un premier convoi d’une douzaine de personnes, le Cameroun ferait l’objet d’allégations d’accords confidentiels et d’abus selon certaines organisations, tandis que le Nigeria a opposé un refus. C’est dans ce paysage contrasté que la RDC a décidé de participer au mécanisme proposé par Washington.

À NE PAS MANQUER

Commentaires

FIL D'ACTU
13:32 Bénin : 04 nouveaux vice-présidents désignés au sein du parti Les Démocrates