Nigéria: plusieurs officiers jugés pour tentative de coup d’État
Au Nigeria, l’état-major militaire a confirmé que plusieurs officiers feront l’objet de poursuites pour leur présumée implication dans un complot visant à renverser le président Bola Tinubu, une annonce qui intervient après des semaines de rumeurs et de démentis officiels.

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Le quartier général de la Défense a indiqué lundi avoir clos son enquête et identifié « un certain nombre d’officiers » soupçonnés d’avoir ourdi un projet de putsch. Ces militaires seront présentés à un tribunal militaire compétent pour y être jugés, a précisé la communication officielle, sans toutefois fixer de date pour l’ouverture des procès.
En octobre dernier, l’armée avait fait état de l’arrestation de 16 officiers pour des faits qualifiés alors d’indiscipline et de stagnation professionnelle. Des sources au sein du gouvernement et des forces de défense avaient, depuis, évoqué une tentative de coup d’État, accusation que les autorités avaient d’abord niée avant ce rétropédalage.
Enquête, remaniement et contexte sécuritaire
Le porte-parole du quartier général, le major-général Samaila Uba, a informé le public que l’investigation interne était terminée et que les éléments rassemblés permettaient d’identifier les suspects. Les juristes consultés rappellent que, en cas de condamnation pour trahison ou tentative de renversement du pouvoir, la peine encourue peut aller jusqu’à la peine capitale selon le code militaire nigérian.
Peu après les premières arrestations, le président Tinubu avait procédé à un remaniement des plus hauts niveaux de la hiérarchie militaire. Parmi les changements, le général Christopher Musa avait été démis de ses fonctions de chef d’état-major de la défense ; il occupe cependant depuis un poste de ministre de la Défense. Un responsable de l’administration avait alors souligné, auprès de l’AFP, que la survenue d’un tel incident révélait des failles dans les services de renseignement.
Le Nigeria, le pays le plus peuplé d’Afrique, possède une histoire marquée par des interventions militaires récurrentes tout au long du XXe siècle avant la transition vers un régime civil en 1999. Les forces armées sont aujourd’hui engagées sur plusieurs fronts intérieurs, ce qui complexifie la gestion des tensions au sein des rangs.
Dans le nord-est, l’armée poursuit sa lutte contre Boko Haram et contre l’État islamique en Afrique de l’Ouest ; bien que l’intensité des violences ait baissé par rapport au pic d’il y a dix ans, les attaques contre des bases et des convois persistent. Des problèmes logistiques et financiers, notamment des salaires impayés et des conditions de travail difficiles, ont été signalés par des militaires, tandis que des analystes ont alerté sur le risque d’une recrudescence de la violence en 2025.
Par ailleurs, l’armée est mobilisée contre des bandes armées qui sévissent dans le nord-ouest et contre des groupes séparatistes dans le sud-est. Les informations liées au complot présumé avaient été temporairement éclipsées par des démentis officiels et par une crise diplomatique née des critiques formulées par le président américain Donald Trump à l’encontre du Nigeria sur la protection des chrétiens face aux violences.
Les partenaires internationaux se sont impliqués : les États-Unis ont mené des frappes conjointes contre des militants de l’État islamique au Sahel et ont annoncé un renforcement du partage de renseignements destiné à soutenir les opérations aériennes nigérianes dans le nord

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