Lithium : au Mali, la Russie et de nouveaux investisseurs se positionnent derrière la Chine
Le gouvernement malien a renouvelé deux permis de recherche de lithium détenus par une filiale de l'australien First Lithium. Une décision qui s'inscrit dans une compétition croissante pour les gisements du pays, où la Chine domine déjà la production et où la Russie affiche désormais ses ambitions.

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Le Conseil des ministres malien a approuvé, vendredi 21 août 2026, le renouvellement de deux permis de recherche de lithium détenus par Intermin Lithium SARL, filiale du groupe australien First Lithium, dans les cercles de Bougouni et de Kolondiéba, dans le sud du pays. Cette décision, annoncée dans le communiqué officiel du gouvernement, intervient alors que plusieurs acteurs, dont la Russie, cherchent à s’implanter dans un secteur minier jusqu’ici dominé par des groupes chinois.
Selon le communiqué du Conseil des ministres, il s’agit d’un second renouvellement pour les permis de Faraba, dans le cercle de Bougouni, et de Gouna, dans le cercle de Kolondiéba. Le gouvernement justifie sa décision par les travaux de recherche menés sur ces sites, qui auraient mis en évidence plusieurs anomalies justifiant la poursuite des activités de recherche.
Le Mali a rejoint le cercle restreint des producteurs africains de lithium avec la mise en service de deux mines entre fin 2024 et début 2025. La première, à Goulamina, est exploitée par le groupe chinois Ganfeng Lithium, qui en détient le contrôle majoritaire. La seconde, à Bougouni, est portée par la britannique Kodal Minerals, dans laquelle le groupe chinois Hainan Mining a investi 118 millions de dollars pour développer le projet, selon des données financières publiques.
Les deux permis renouvelés vendredi avaient été initialement accordés en 2018, puis une première fois renouvelés en 2022. First Lithium en a pris le contrôle en 2023 via sa filiale Intermin Lithium et a depuis concentré sa campagne d’exploration sur les gisements de Blakala et de Faraba. Une estimation des ressources minérales est attendue d’ici la fin du trimestre se terminant en septembre 2026, selon les communications de l’entreprise à ses investisseurs, qui indiquent aussi avoir levé 800 000 dollars ces dernières semaines auprès d’investisseurs professionnels, en partie pour financer les démarches liées à ces renouvellements.
La Russie affiche ses ambitions
Le groupe public russe Rosatom, engagé au Mali dans un projet distinct de prospection lithinifère, a annoncé en mai 2026 avoir obtenu des résultats préliminaires confirmant le potentiel en lithium d’un site sous son contrôle. Son implication dans le secteur malien avait déjà suscité des remous : un partenaire indien associé à ce projet s’en est retiré en février 2026, invoquant des risques sécuritaires, selon la presse spécialisée.
De son côté, Lithium Africa, coentreprise associée à Ganfeng, a mené des travaux d’exploration jusqu’en 2025 sur trois autres prospects, Torakoura, N’Gonzana et Kologo. Les permis correspondants sont désormais arrivés à expiration et leur renouvellement reste en attente auprès des autorités maliennes.
Cette compétition croissante autour des gisements maliens s’explique par les perspectives de la demande mondiale de lithium, minerai indispensable à la fabrication des batteries. L’Agence internationale de l’énergie estime qu’elle pourrait tripler d’ici 2040, sous l’effet de l’essor des véhicules électriques et du stockage d’énergie.


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