Gisèle Pelicot souhaite rencontrer son ancien époux en prison
Gisèle Pelicot publie le 17 février ses mémoires Et la joie de vivre, un récit où la septuagénaire revient sur huit années d’abus subis de 2011 à 2019 : droguée et violée à répétition par son mari, puis livrée à des dizaines d’inconnus recrutés sur internet, elle a découvert que son époux avait constitué près de 20 000 images et vidéos la représentant. Après avoir rompu le silence et affronté devant la justice une cinquantaine d’agresseurs, elle raconte dans cet ouvrage, coécrit avec Judith Perrignon, l’impact de ces violences sur sa vie et celle de sa famille, et annonce vouloir rendre visite en prison à son ex-mari, Dominique Pelicot, pour obtenir des réponses.

SOMMAIRE
Le récit de Gisèle Pelicot a pris une dimension médiatique et judiciaire importante en France. Ses témoignages ont mis en lumière des mécanismes de soumission chimique et des réseaux de mise en relation d’agresseurs via des plateformes en ligne, qui ont permis à son mari de diffuser et d’exploiter des contenus pendant plusieurs années. Face aux preuves matérielles saisies — notamment les milliers de fichiers — elle a choisi de porter plainte et de désigner collectivement les personnes qui l’avaient agressée. Le dossier a attiré l’attention sur la vulnérabilité des victimes âgées et sur les modalités de recrutement et de diffusion des contenus abusifs sur internet.
Dans ses interventions médiatiques, Gisèle Pelicot a aussi évoqué les répercussions familiales de l’affaire. Le livre aborde, selon l’auteure et ses interlocuteurs, la manière dont chacun des membres de la famille a dû « recoller les morceaux » et reconstruire des liens fragilisés. Une partie du texte est consacrée à sa relation avec sa fille Caroline, évoquée comme traversant elle aussi des souffrances liées au drame familial.
Un témoignage porté par l’espoir et la volonté de réponses
Le livre paraît simultanément en 22 langues et se présente comme un mélange de mémoire et de témoignage visant à informer et, selon l’auteure, à « donner de l’espoir à d’autres personnes ». Coécrite avec la journaliste Judith Perrignon, l’ouvrage a été présenté dans plusieurs médias. Interrogée par Télérama, Gisèle Pelicot a expliqué qu’elle n’avait pas initialement l’intention d’écrire, mais qu’elle a estimé que son histoire pouvait être utile à d’autres.
Sur le plateau de l’émission C à vous, la septuagénaire a développé la portée du livre et répondu aux questions sur le fonctionnement du système judiciaire face aux soupçons qu’elle nourrissait vis-à-vis de son ex-mari avant la révélation des faits. Elle y a déclaré vouloir se rendre en prison pour rencontrer Dominique Pelicot : « Je veux aller voir pour savoir comment il a pu me faire ça ? Pourquoi il n’a jamais eu pitié de moi ? Comment il pouvait nous regarder dans les yeux le matin au petit déjeuner après m’avoir fait ça pendant la nuit ? Je veux savoir si on lui a fait quelque chose. »
Lors de cet entretien, elle a par ailleurs réaffirmé son orientation personnelle vers l’optimisme et la reconstruction : « Cette joie de vivre, je l’ai toujours eue en moi », a-t-elle dit, précisant qu’elle s’autorise à être heureuse à 73 ans et qu’elle a retrouvé des liens affectifs.

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