Gabon : AGL et Fortescue envisagent un méga-consortium pour exploiter le gisement de fer de Belinga
Le Gabon pourrait voir émerger un vaste consortium industriel autour du gisement de fer de Belinga-Kobe-Kobé après une audience entre le ministre d’État Ulrich Manfoumbi et les dirigeants d’Africa Global Logistics (AGL), qui ont annoncé leur souhait de s’associer au groupe australien Fortescue. Ce rapprochement vise à structurer l’exploitation d’un gisement qualifié de « classe mondiale » et s’accompagne d’une ambition de modernisation portuaire à Owendo, d’une extension de 7 hectares et d’un projet immobilier sur l’ancien foncier ACAE, avec un investissement évoqué en milliards de francs CFA et une création d’environ 1 000 emplois sur cinq ans.

SOMMAIRE
Lors de cette rencontre, AGL a détaillé l’intention de constituer un consortium dédié au projet minier de Belinga-Kobe-Kobé afin de mutualiser expertises techniques et capacités de financement entre partenaires. L’opérateur met en avant la nécessité d’intégrer l’ensemble de la chaîne logistique, depuis l’extraction jusqu’à l’évacuation du minerai, pour garantir la viabilité commerciale et opérationnelle du site.
Parallèlement à la dimension minière, AGL a présenté un plan d’investissements pluridimensionnel sur la plateforme d’Owendo. Il comprend la ré-qualification des emprises portuaires existantes, la demande d’extension de 7 hectares sur des terrains adjacents aujourd’hui non valorisés, et le développement d’un projet immobilier résidentiel sur le foncier ACAE. Le groupe a chiffré ces opérations à plusieurs milliards de francs CFA et les a associées à des retombées en emplois directs et indirects estimées à un millier sur une période de cinq ans.
Impacts logistiques et rôle des infrastructures portuaires
L’objectif affiché par AGL, en s’adossant à Fortescue, dépasse la simple manutention portuaire : il s’agit d’assurer la sécurisation et la fluidité du corridor d’exportation nécessaire à l’évacuation du minerai. Ce positionnement met en lumière le rôle stratégique des infrastructures gabonaises, et particulièrement celui de l’Owendo Mineral Port (OMP), déjà cité pour sa capacité opérationnelle.
Les chiffres avancés concernant OMP soulignent sa place centrale dans le dispositif minier national : près de 55 % des volumes de manganèse exportés transiterait par ce port, appuyé par un parc ferroviaire déclaré de 1 400 wagons et 44 locomotives. Ces ressources matérielles constituent un atout pour la manutention de volumes importants et pour la continuité des rotations entre les sites miniers et le littoral.
Face à ces propositions, le ministre d’État Ulrich Manfoumbi a donné instruction aux équipes techniques du ministère d’examiner la faisabilité et les modalités de mise en œuvre des projets présentés par AGL. Le gouvernement a ainsi engagé une phase d’analyse technique et réglementaire afin d’apprécier les conditions d’accueil d’investissements dits structurants et d’évaluer leur insertion dans le dispositif portuaire et ferroviaire existant



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