Est du Tchad : ce que l’on sait des bombardements aériens attribués par Ndjamena à l’armée soudanaise
L'état-major tchadien accuse des drones soudanais d'avoir poursuivi et bombardé un convoi jusqu'à plus de 100 km à l'intérieur de son territoire, dans la province de l'Ennedi. Khartoum n'a pas réagi publiquement.

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L’état-major général des armées tchadiennes a dénoncé, dans un communiqué publié samedi 22 août 2026, une incursion aérienne soudanaise sur son territoire. Selon Ndjamena, des aéronefs et des drones attribués aux forces armées soudanaises ont poursuivi et bombardé un convoi jusqu’à plus d’une centaine de kilomètres à l’intérieur du territoire tchadien, dans le département de Mourdi, en province de l’Ennedi Est, frontière avec le Soudan et la Libye.
Les faits se sont produits jeudi 20 août, vers 20 heures locales. D’après les forces communes alliées de l’armée soudanaise, il s’agissait d’un convoi de ravitaillement d’environ 200 véhicules venu de Libye pour renforcer les Forces de soutien rapide (FSR), le groupe paramilitaire en guerre contre l’armée régulière soudanaise depuis avril 2023.
Selon des sources proches des renseignements soudanais, l’armée et ses alliés auraient intercepté ce convoi avant qu’il n’atteigne le Soudan, pilonnant une soixantaine de véhicules et capturant des combattants des FSR. Ce qui restait de la colonne se serait alors replié vers le Tchad, où de nouvelles frappes de drones auraient visé les véhicules survivants jeudi soir.
L’armée tchadienne, qui a mené des vérifications par moyens aériens et terrestres dès le lendemain, a condamné « avec force » cette violation de son intégrité territoriale et mis en garde « fermement » contre toute extension des hostilités. Aucune victime tchadienne n’a été recensée. Les forces armées du pays ont été placées au niveau d’alerte le plus élevé afin, selon le communiqué militaire, de « riposter énergétiquement à toute menace ».
Une incursion inédite par sa profondeur
La zone frontalière entre le Tchad et le Soudan a déjà été à plusieurs reprises le théâtre de violences liées au conflit soudanais. Mais selon les autorités tchadiennes, c’est la première fois que des drones attribués à Khartoum interviennent à un tel niveau de profondeur sur le sol tchadien.
L’armée soudanaise et ses alliés cherchent, depuis plusieurs semaines, à frapper les lignes de ravitaillement des FSR au Darfour et au Kordofan, deux régions soudanaises où les paramilitaires sont en difficulté. Ce lundi, la ville de Nyala, où siège le gouvernement parallèle mis en place par les FSR, a également été visée par des frappes de drones.
Sollicitée, l’armée soudanaise n’a pas réagi publiquement aux accusations tchadiennes. Le Tchad, qui accueille plusieurs centaines de milliers de réfugiés ayant fui le conflit soudanais depuis 2023, avait déjà dénoncé par le passé des incursions armées en provenance du Soudan.


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