Équipe de Tunisie : Lamouchi mise sur les expatriés après la dégringolade du football local
Le football tunisien traverse actuellement une phase délicate. L’absence de plusieurs formations nationales des joutes continentales met en lumière un recul perceptible, tandis que certains matches du championnat sont jugés peu attrayants par le nouvel entraîneur de la sélection.

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Fraîchement intronisé à la tête des Aigles de Carthage, Sabri Lamouchi a tenu sa première conférence de presse ce mercredi et a fait part d’un constat sans détour : il ne compte pas se fonder uniquement sur le championnat domestique pour composer son groupe. Il a indiqué ne pas suivre systématiquement toutes les rencontres locales, estimant que l’intensité et la qualité de certaines affiches ne lui permettent pas d’évaluer correctement le niveau des joueurs.
Cette prise de position a immédiatement relancé le débat sur l’état réel du football national. Ce qui pourrait être perçu comme la simple franchise d’un entraîneur prend, au contraire, la forme d’un symptôme plus large : une compétition interne qui perd de son lustre et de son pouvoir d’attraction.
Des performances en retrait sur la scène africaine
Le recul se constate surtout sur le plan continental. Cette saison, hormis l’Espérance de Tunis, peu de clubs tunisiens ont franchi les tours préliminaires des compétitions de la CAF, avec des éliminations précoces pour des équipes naguère habituées aux bonnes places. Ce constat alimente les interrogations sur la capacité du championnat à produire des éléments compétitifs à l’échelle africaine.
Pour Lamouchi, cela justifie un regard tourné vers les joueurs évoluant à l’étranger, qui sont confrontés quotidiennement à des exigences plus élevées. Il affirme rechercher des profils aguerris, capables d’évoluer dans des contextes plus exigeants que ceux proposés actuellement par le championnat local.
Au-delà du simple prestige, cette situation pose des problèmes structurels : la formation des jeunes, l’attraction des sponsors et la crédibilité des clubs en pâtissent. Le paradoxe est d’autant plus saisissant que la sélection nationale, qualifiée pour le Mondial, repose majoritairement sur des éléments expatriés, tandis que l’élan interne peine à se maintenir.
Supporters, dirigeants et acteurs du football sont donc confrontés à un enjeu majeur : redonner du rythme et de l’intérêt aux rencontres nationales, moderniser les structures et renforcer la formation pour éviter que la baisse actuelle ne s’installe durablement.

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