Damiba extradé du Togo vers le Burkina Faso

Les autorités togolaises ont annoncé mardi l’extradition vers le Burkina Faso de Paul‑Henri Sandaogo Damiba, ancien chef de la junte burkinabè, recherché par la justice de son pays pour détournement de fonds publics, incitation à commettre des crimes et autres chefs d’accusation. L’annonce officielle précise que la remise a été décidée après une décision de la Cour d’appel de Lomé assortie de garanties concernant l’absence de peine capitale.

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Selon le ministère togolais de la Justice, la décision d’extrader M. Damiba s’appuie sur « l’offre de réciprocité » formulée par les autorités burkinabè, ainsi que sur des assurances données par ces dernières quant aux conditions pénales qui lui seront appliquées. L’ex‑chef de la junte, qui vivait au Togo depuis sa chute en 2022, avait été arrêté le 16 janvier.

Le pouvoir militaire au Burkina Faso a, plus tôt ce mois‑ci, affirmé avoir déjoué une tentative de coup d’État et mis en cause M. Damiba dans ce dossier. Celui‑ci avait dirigé le pays entre janvier et septembre 2022 avant d’être renversé par l’actuel homme fort de la junte, le capitaine Ibrahim Traoré, dans un contexte de remontées successives des forces armées au pouvoir.

Contexte politique et sécuritaire en Afrique de l’Ouest

Le retour de M. Damiba au Burkina Faso intervient dans un contexte régional marqué par une série de prises de pouvoir militaires depuis 2020. Les juntes qui se sont succédé dans plusieurs États ouest‑africains ont invoqué l’aggravation de l’insécurité — en particulier la progression des groupes armés dans la bande sahélo‑saharienne — pour justifier leur recours à la force.

Les violences et les attaques des groupes armés ont, selon des analyses régionales, contribué à fragiliser les institutions et à alimenter des divisions au sein des forces de sécurité, favorisant des ruptures constitutionnelles à répétition. Dans ce contexte, certains États dirigés par des juntes ont pris leurs distances avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), organisation régionale à laquelle ils étaient antérieurement rattachés.

La remise de Damiba se déroule après des mois de tensions politiques internes au Burkina Faso, où les affrontements entre autorités civiles et militaires — puis entre factions militaires — ont modifié l’architecture du pouvoir. Les autorités togolaises ont fait savoir qu’elles avaient examiné la demande d’extradition à la lumière des engagements internationaux et des garanties apportées par Ouagadougou, notamment l’assurance selon laquelle la peine de mort ne serait pas appliquée.

Sur le plan procédural, la décision d’une cour d’appel nationale fondée sur des principes de réciprocité diplomatique et juridique illustre les mécanismes par lesquels les États de la région traitent les requêtes pénales transfrontalières dans un climat de méfiance et de rivalités politiques

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