Côte d’Ivoire : Icraf forme des formateurs à Ferké sur le changement climatique
Du 26 au 29 janvier 2026 à Ferkéssédougou, un atelier centré sur le changement climatique et les pratiques agricoles climato‑intelligentes a réuni plusieurs formateurs issus des organisations professionnelles agricoles (OPA) des régions du Tchologo, de la Bagoué, du Poro, du Bounkani et de la Gbêkê. L’initiative, portée par le Centre international de recherche en agroforesterie (Icraf) dans le cadre du programme d’appui au développement des filières agricoles (Padfa), visait à renforcer la capacité des relais locaux afin d’améliorer la résilience des filières riz, maraîchage et mangue.

SOMMAIRE
Organisé sur quatre jours, l’atelier a abordé des thématiques jugées prioritaires par les organisateurs : effets durables du changement climatique, prévention de la maladaptation, pratiques climato‑intelligentes et utilisation rationnelle des pesticides. Les sessions ont associé exposés techniques, échanges entre pairs et démonstrations pratiques destinées à outiller des formateurs appelés à diffuser ces savoirs auprès des membres de leurs structures professionnelles.
La présence de représentants administratifs et d’autres autorités locales a souligné l’importance accordée à la thématique climatique dans les régions concernées. Selon les organisateurs, l’objectif est d’inscrire les messages techniques du Padfa dans une dynamique de transfert pérenne, afin que les innovations et recommandations puissent être mises en œuvre à l’échelle des exploitations familiales.
Renforcement des capacités et chaîne de diffusion des connaissances
Le Padfa, mis en œuvre depuis 2018, est présenté par Icraf comme un levier pour améliorer durablement la sécurité alimentaire, la nutrition et les revenus des agriculteurs dans plusieurs régions ivoiriennes. Le programme cible spécifiquement trois filières clés — le riz, les productions maraîchères et la mangue — pour lesquelles les conséquences du changement climatique se traduisent déjà par des variations des cycles de culture, des aléas pluviométriques et des pressions phytosanitaires.
Dr Amani Kouassi, chercheur spécialiste des questions climatiques à Icraf et principal formateur de l’atelier, a expliqué que la formation visait à renforcer la capacité des formateurs à transmettre des recommandations adaptées aux contextes locaux. Il a insisté sur la nécessité d’un accompagnement technique qui inclut la diffusion d’informations climatiques opérationnelles — « quand et comment il faut semer » — et sur l’importance d’éviter des actions de maladaptation, c’est‑à‑dire des pratiques agricoles qui, à court terme, semblent bénéfiques mais augmentent la vulnérabilité à long terme.
Parmi les axes abordés figurait l’utilisation raisonnée des pesticides, avec un accent mis sur les risques de pratiques inappropriées et sur l’importance d’intégrer des approches alternatives ou complémentaires pour limiter les impacts sanitaires et environnementaux. Les échanges ont également porté sur les modalités de transmission des messages techniques au sein des OPA, afin d’assurer une homogénéité de réflexion et une application cohérente des recommandations sur le terrain.
Au nom du préfet de la région du Tchologo, Tapé Laba, secrétaire général de la préfecture de Ferkéssédougou, a salué la tenue de l’atelier et encouragé les participants à mettre en pratique les acquis. À l’issue des sessions théoriques, des visites de terrain ont permis aux formateurs d’observer directement les effets du changement climatique sur les parcelles et les systèmes de production

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