Côte d’Ivoire : condamné par contumace, N’Da Kouamé dénonce un rôle de « coupable idéal »
Présenté par la justice ivoirienne comme un maillon essentiel d’un réseau présumé de détournement estimé à 1,6 milliard de FCFA à la Société nationale d’édition de documents administratifs et d’identification (SNEDAI), N’Da Hivé Kouamé, ancien responsable financier aujourd’hui en exil, prend publiquement la parole pour défendre sa version des faits.

Condamné par contumace, il rejette toute implication centrale dans ce dossier et affirme avoir été désigné comme le « coupable idéal » d’un système de gestion qu’il juge opaque. Dans un entretien accordé au magazine Financial Afrik, il assure que sa sortie médiatique répond à un devoir de clarification plutôt qu’à une stratégie personnelle.
En effet, l’ancien cadre estime que son silence a contribué à installer une version des faits qu’il juge préjudiciable à son image, à sa famille et à sa carrière. Il affirme ne pas vouloir nourrir la polémique, mais considère que la vérité ne peut émerger ni dans le silence ni sous la pression des réseaux sociaux.
Concernant son absence lors des convocations judiciaires, N’Da Kouamé soutient avoir quitté la Côte d’Ivoire avec l’accord de responsables de haut niveau, dans le cadre d’une transition professionnelle présentée comme temporaire. Selon lui, ce déplacement devait durer deux semaines.
De plus, il affirme que la situation aurait évolué durant son absence, laissant place, selon sa lecture, à la construction d’un scénario déjà établi. Il évoque également un contexte qu’il jugeait menaçant pour sa sécurité et celle de ses proches. Sur le fond, il conteste l’image du « cerveau » d’un système de détournement. Il rappelle avoir travaillé sous une hiérarchie structurée, avec des responsabilités qu’il décrit comme principalement comptables et techniques, et non décisionnelles.
Il souligne que, dans une organisation de cette taille, les flux financiers reposent sur plusieurs niveaux de validation : décision, contrôle, signature et exécution et estime que concentrer la responsabilité sur une seule personne serait réducteur. Selon lui, l’affaire SNEDAI relèverait d’un mode de gouvernance global plutôt que de l’action d’un individu isolé. Il dénonce ce qu’il considère comme un mécanisme de désignation d’un bouc émissaire destiné à protéger d’autres centres de décision.
Tout en affirmant respecter la justice ivoirienne, il appelle à une procédure qu’il souhaite équitable et fondée sur des preuves matérielles. Il affirme disposer de documents, d’échanges et d’éléments chronologiques qu’il se dit prêt à produire devant la justice. Il indique enfin être disposé à revenir en Côte d’Ivoire si les conditions d’un débat judiciaire qu’il juge serein et sécurisé sont réunies.

Commentaires