Centrafrique : L’État scelle un pacte avec les banques pour relancer le crédit

Le 24 février 2025, le gouvernement centrafricain a acté une série d’accords entre le Fonds national de garantie et d’investissement (FNGI) et plusieurs banques commerciales afin d’élargir l’accès au crédit pour les petites et moyennes entreprises (PME). Les premières conventions de participation ont été signées par Ecobank Centrafrique et la Banque Populaire Maroco-Centrafricaine, dans le cadre d’un dispositif soutenu par une capitalisation initiale de 3 milliards de FCFA au sein d’un fonds annoncé à 10 milliards de FCFA et appuyé par la Banque mondiale via le projet I-Compete, doté de 30 millions de dollars sur cinq ans.

ECONOMIE
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L’État scelle un pacte avec les banques pour relancer le crédit a
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SOMMAIRE

L’instrument financier a été rendu opérationnel lors d’un lancement officiel à Bangui, le 21 mai 2025. Il fonctionne sur le principe d’effet de levier : une enveloppe de garanties permet aux établissements prêteurs d’accroître le volume de crédits octroyés tout en limitant l’impact sur leur exposition effective au risque. Selon les estimations porteuses du mécanisme, la première tranche mobilisée de 3 milliards de FCFA pourrait permettre de couvrir entre 6 et 9 milliards de FCFA de prêts bancaires directs aux entreprises.

Le ministère des Finances insiste sur les garde-fous instaurés pour encadrer l’utilisation de ces garanties. La gouvernance du fonds comprend une supervision par le régulateur bancaire, la mise en place d’un dispositif indépendant de suivi et d’évaluation et l’établissement d’une liste de secteurs exclus de l’accès aux mécanismes de garantie. « Le modèle économique cherche un équilibre entre la couverture du risque pour les banques et un coût supportable pour les entreprises, sans encourager des comportements imprudents », a déclaré un responsable du département.

Mécanismes opérationnels, banques partenaires et appui technique

Les accords signés visent d’abord à déclencher une dynamique de crédit à destination des PME qui restent sous-bancarisées en Centrafrique en raison de coûts élevés et de garanties insuffisantes. Les premières banques partenaires, Ecobank Centrafrique et la Banque Populaire Maroco-Centrafricaine, ont paraphé des conventions qui définissent les modalités de couverture, les critères d’éligibilité des emprunteurs et les procédures de demande de garantie. Le détail des niveaux de couverture spécifiques à chaque produit n’a pas été publié lors de la cérémonie.

Le dispositif prévoit également des critères sectoriels destinés à prioriser certains segments économiques jugés stratégiques pour la relance et la diversification, tandis que d’autres secteurs seront explicitement exclus pour des raisons de risque ou de conformité. Le régulateur bancaire sera chargé d’exercer une surveillance continue sur la mise en œuvre afin de veiller au respect des normes prudentielles et à la transparence des opérations.

Pour assurer la phase de déploiement, le gouvernement a retenu le cabinet A2F Consulting. Sa mission porte sur la définition des priorités sectorielles, l’affinement des procédures opérationnelles internes du fonds et l’assistance aux établissements financiers partenaires pour la structuration des produits garantis et les modalités de suivi des portefeuilles.

Outre l’apport en capital et la garantie, l’intervention de la Banque mondiale au travers du projet I-Compete comprend des ressources techniques et financières destinées à renforcer la capacité de mise en œuvre et le suivi-évaluation du fonds, sur une période de cinq ans. Le calendrier précis de déploiement des garanties et le montant effectif des prêts déployés dans les premiers mois seront communiqués par les autorités compétentes

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