Cancer au Bénin: une urgence sanitaire qui appelle à l’action
Pendant longtemps, le cancer a été perçu comme une fatalité lointaine, presque abstraite. Aujourd’hui, il s’invite brutalement dans le quotidien béninois.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Des milliers de familles vivent déjà avec la maladie et chaque année, de nouveaux cas viennent alourdir une situation sanitaire devenue critique.
À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le cancer, célébrée le 4 février 2026, les autorités sanitaires ont remis en lumière une réalité préoccupante. Le pays enregistre environ 7 500 nouveaux cas par an, tandis que plus de 15 000 personnes sont actuellement suivies pour un cancer, selon les données du Programme national de lutte contre les maladies non transmissibles.
Face à cette progression constante, le ministère de la Santé a engagé un Plan national de lutte contre le cancer couvrant la période 2024-2028, avec un accent particulier sur la prévention et le dépistage.
L’analyse des profils touchés révèle une vulnérabilité plus marquée chez les femmes, qui représentent la majorité des nouveaux diagnostics. Les cancers du sein et du col de l’utérus y occupent une place centrale, suivis de celui du foie. Chez les hommes, la prostate demeure la première localisation concernée, devant les cancers du foie et du côlon.
Quand la maladie est détectée trop tard
Le véritable drame ne réside pas seulement dans le nombre de cas, mais dans la rapidité avec laquelle la maladie emporte ses victimes. Chaque année, plus de 5 000 décès sont attribués au cancer. Dans la majorité des situations, le diagnostic intervient tardivement.
Les premiers signes sont souvent discrets, parfois ignorés, jusqu’à ce que la maladie atteigne un stade où les options thérapeutiques deviennent limitées.
Les professionnels de santé rappellent que certains signaux ne doivent jamais être banalisés. Une grosseur inhabituelle, des saignements anormaux, des troubles digestifs persistants, des lésions qui ne cicatrisent pas ou encore des difficultés urinaires doivent conduire sans délai vers une consultation médicale.
Miser sur la prévention pour inverser la tendance
Pour enrayer la progression du cancer, la stratégie nationale mise avant tout sur la prévention. Une approche résumée par une règle simple et mémorisable : éliminer l’alcool et le tabac, adopter une alimentation riche en fruits et légumes, maintenir une activité physique régulière et limiter le sel, le sucre et les graisses dans les repas quotidiens.
La prévention passe également par la vaccination. La protection contre le virus du papillome humain chez les jeunes filles constitue un levier majeur pour réduire durablement le cancer du col de l’utérus. La vaccination contre l’hépatite B reste, quant à elle, un rempart essentiel contre le cancer du foie.
Le cancer n’est plus un sujet marginal au Bénin. Il impose désormais un changement de comportements, une vigilance accrue et une réponse collective. Car face à cette maladie, l’inaction coûte plus cher que la prévention.

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