Cameroun : un policier tué et cinq enseignants enlevés à Wum

Un policier a été tué et cinq enseignants ont été enlevés mardi 8 septembre à Wum, dans le Nord-Ouest anglophone du Cameroun. Les forces de sécurité recherchent les assaillants et les otages.

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Vue générale de Yaoundé, capitale du Cameroun
Photo : Kateregga1 / Wikimedia Commons
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Un policier a été tué et cinq enseignants ont été enlevés mardi 8 septembre 2026 à Wum, dans la région anglophone du Nord-Ouest du Cameroun, lors de l’attaque d’un centre de formation des enseignants, a annoncé mercredi le gouverneur Adolphe Lele Lafrique. Les forces de sécurité ont lancé des recherches pour retrouver les otages et les assaillants.

L’attaque a visé le Government Technical Teachers’ Training College (GTTC) de Wum, à environ 80 kilomètres au nord de Bamenda. Selon le gouverneur, un groupe d’hommes armés a pénétré dans l’établissement dans la matinée. Un policier qui tentait de s’interposer a été mortellement atteint par des tirs, avant que les assaillants n’emmènent les enseignants vers une destination inconnue.

Des médias camerounais ont identifié le policier tué comme le commissaire Mbah Tobie Damase. Le bilan des enlèvements a varié dans les premières heures : des sources sécuritaires citées par l’agence Xinhua ont fait état de six enseignants capturés, tandis que le gouverneur du Nord-Ouest a ensuite fixé le bilan à cinq.

L’incident est survenu au lendemain de la rentrée scolaire 2026-2027, dans un contexte de fortes tensions autour de la reprise des cours dans les régions anglophones. Des responsables séparatistes avaient appelé à une interruption des activités afin de perturber la rentrée, selon plusieurs médias locaux et internationaux.

Une rentrée sous tension dans les régions anglophones

Le Nord-Ouest et le Sud-Ouest du Cameroun sont le théâtre d’un conflit armé depuis 2017 entre les forces gouvernementales et des groupes séparatistes qui réclament la création d’un État indépendant appelé Ambazonie. La crise trouve son origine dans les manifestations de 2016 de juristes et d’enseignants anglophones qui dénonçaient la marginalisation de l’anglais dans les systèmes judiciaire et éducatif.

Les écoles, les enseignants et les agents de l’État ont régulièrement été pris pour cible au cours du conflit, notamment pendant des campagnes de boycott scolaire et des périodes de confinement imposées par des groupes armés. Les autorités ont, de leur côté, renforcé les dispositifs de sécurité autour de certains établissements pour maintenir les cours dans les zones affectées.

Selon des chiffres des Nations unies repris par l’AFP, le conflit a fait au moins 6 000 morts depuis 2016. Il a aussi provoqué d’importants déplacements de population à l’intérieur du Cameroun et vers le Nigeria voisin.

Mercredi 9 septembre, aucune revendication publique de l’attaque de Wum n’avait été signalée. Le gouverneur du Nord-Ouest a indiqué que les forces de sécurité poursuivaient les auteurs de l’assaut et recherchaient les cinq enseignants enlevés.

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