Bruno Retailleau s’est invité chez moi pour l’Aïd, elle termine son ramadan sur une note mitigée
À l’issue du Ramadan, un repas familial organisé pour l’Aïd a tourné au malaise selon le récit du journaliste Ramdan Bezine publié sur Bondy Blog : la présence inattendue de l’homme politique Bruno Retailleau à la table familiale et les échanges sur la situation politique ont créé une tension palpable.

SOMMAIRE
Le récit, signé Ramdan Bezine, décrit un moment de convivialité habituel — retrouvailles familiales et repas — qui a rapidement pris une tournure politique. Bezine précise que, comme chaque Aïd, les familles se retrouvent pour partager un repas et marquer la fin du jeûne du Ramadan, mais que les discussions ont été assombries par le climat national et international.
Selon le billet publié sur Bondy Blog, les convives évoquaient divers sujets sensibles lorsque Bruno Retailleau s’est invité à la table chez la tante du journaliste. Bezine écrit que Retailleau « s’est assis et nous a regardé manger » et qu’il « n’était pas là pour festoyer ». Les conversations, lit-on, ont abordé le port du voile dans le sport, le conflit à Gaza, les rapports entre l’extrême droite et Israël, et les perceptions de traitements différenciés entre la France et l’Ukraine.
Une soirée marquée par des propos forts et une expulsion de la pièce
Le journaliste rapporte des phrases fortes et des impressions collectives : « Autour de la table, on était tous d’accord sur le fait qu’il règne en ce moment, en France et ailleurs, une odeur immonde ». Il ajoute que certains convives estimaient que ceux responsables de cette situation semblaient s’en accommoder.
Bezine souligne aussi le caractère multi-culturel et multi-lingue du repas : peu importait qu’on ait mangé du couscous, du thieb ou du pilao, ou que l’on se soit congratulé en arabe, en français ou en wolof, les convives partageaient un sentiment de fatigue et d’inquiétude. Il affirme que la communauté présente s’est reconnue « muslims et fatigués ».
La narration précise qu’un moment de forte tension est survenu lorsque, d’après Bezine, « le ministre de l’Intérieur jubilait et mimait jouer du violon, tournant en dérision notre peine ». Face à cette attitude, les convives ont choisi de prioriser la fête en congédiant la personne de la pièce : « Nous l’avons congédié de la pièce. On est chez nous, après tout », écrit-il.
Un passage du récit revient sur l’inquiétude d’une tante, qui craignait de ne pas pouvoir revenir en France après un séjour en Algérie. Bezine rapporte que son cousin a tenté de la rassurer, mais que son intervention trahissait une incertitude nouvelle dans sa voix, décrite comme une « inflexion », un « chevrotement » et une « cassure infime ».
Le billet se conclut, dans les extraits publiés, par une image finale : « Dans un coin de la pièce, Bruno Retailleau était revenu, et se frottait les mains », détail que Bezine livre en témoin direct de la scène.



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