Sierra Leone: la vente à la Chine d’une plage et d’une forêt tropicale vierge suscite indignation et colère

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C’est une décision qui suscite indignation et colère. La Sierra Leone a décidé de vendre 100 hectares de plage et de forêt tropicale protégée à la Chine, pour la construction d’un port de pêche industrielle. Selon « The Guardian », l’accord, resté secret, est très flou.

Dans le cadre d’un accord de construction d’un port de pêche industriel, la Sierra Leone a accepté de vendre 100 hectares de sa superficie de bordure de mer à la Chine. L’espace (Black Johnson Beach), qui regroupe une plage et une forêt tropicale vierge, constitue un écosystème très précieux, tant pour le règne animal que végétal. D’un montant de 55 millions de dollars, l’accord prévoit la construction d’un port de pêche industriel sur le site.

Indignation et colère de la population

Cette décision a suscité l’indignation des défenseurs de l’environnement, des groupes de défense des droits de l’homme et de protection des animaux, et propriétaires fonciers locaux, qui ont déclaré que le projet « détruirait la forêt tropicale vierge, pillerait les stocks de poissons, polluerait l’environnement marin et cinq écosystèmes individuels, qui sont des zones de reproduction des poissons et soutiennent des espèces d’oiseaux et d’animaux sauvages en voie de disparition ».

Les détails de l’accord, rapportés pour la première fois par le journal britannique The Guardian, restent très flous. Les organisations locales de recherche sur les politiques publiques, l’Institut de recherche juridique et de plaidoyer pour la justice (ILRAJ) et Namati Sierra Leone ont écrit au gouvernement pour lui demander des informations sur « les projets de création d’un port de pêche et de gestion des déchets à Black Johnson, dans la péninsule de la région occidentale, un projet financé par le gouvernement chinois. »

Pour le moment, les copies des évaluations d’impact environnemental et social exigées par la loi, ainsi que l’accord de subvention entre la Chine et le gouvernement sierra-leonais, ne sont pas accessibles. Les organisations ayant fait la demande n’ont pas pu avoir accès à ces documents, selon le média CNBC. Dans un tweet, mardi, Greenpeace Afrique a condamné cette décision, arguant que «les communautés de pêcheurs d’Afrique de l’Ouest subissent déjà les effets de la dégradation de l’environnement et de la crise climatique». « Autoriser davantage d’activités extractives dans cette région ne fera qu’aggraver la situation », a ajouté l’organisation.

Selon des informations de l’organisation communautaire Start Performing, l’argent a déjà été versé au gouvernement sierra-leonais par les Chinois. Un accord secret aurait été conclu (confirmé le 6 mai 2021). Selon l’organisation, Il ne s’agit pas d’un problème local, mais d’un problème international. « L’exploitation des stocks de poissons en Afrique de l’Ouest affecte la planète entière en détruisant des ressources vitales et des zones de reproduction », précise Start Performing.

Une campagne de collecte de fonds

Pour empêcher ce projet lancé par le gouvernement sierra-leonais, une campagne de collecte de fonds a été lancée par l’organisation communautaire Start Performing. Le montant collecté servira à couvrir les frais de campagne contre le projet et les frais juridiques liés à d’éventuels appels du gouvernement de la Sierra Leone.

« Ce projet ne peut être mis en œuvre. Cela provoquerait un désastre écologique international et humain national. Nous utiliserons l’argent collecté pour entamer une procédure judiciaire, afin de contester légalement cette décision. », a écrit l’organisation sur son site internet. « Ce projet détruirait la forêt tropicale vierge, pillerait les stocks de poissons, polluerait l’environnement marin et cinq écosystèmes individuels, qui sont des lieux de reproduction des poissons et abritent des espèces d’oiseaux et de faune menacées. »

« Une partie des terres visées est une lagune pendant la saison sèche qui se transforme en rivière pendant la saison des pluies. La lagune est un lieu de reproduction important pour de nombreuses espèces de poissons. La lagune est la nurserie. Les jeunes poissons se déplacent ensuite vers l’océan lorsqu’elle s’ouvre en rivière au moment des pluies. Elle se jette dans la baie des baleines. »

« C’est un endroit très spécial avec cinq écosystèmes individuels dans une petite zone. La pollution de la baie des baleines décimerait des milliers d’espèces terrestres et marines, dont des poissons, des tortues, des dauphins, de nombreuses espèces d’oiseaux et, comme son nom l’indique, des baleines. C’est une zone où les pangolins, une espèce menacée, se reproduisent et existent encore.« 

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